Notre Inde rêvée
Deux amoureux, Pascal et Fanny, rêvant depuis toujours de partir en Inde. Avec une amie, Claire, nous partons en première intention à Calcutta pour faire du bénévolat auprès des missionnaires de la Charité de Mère Teresa. La découverte du pays, de la culture indienne et des populations est notre principale souhait. Nous profiterons de la dernière moitié de notre séjour pour découvrir quelques grandes villes du Nord de l'Inde, telles que Delhi et son quartier de Pahar Ganj, Agra et son majestueux Taj Mahal, Varanasi, la ville mystique... Nous esperons, à travers ce blog, présenté sous forme de carnet de voyage, vous faire partager notre amour pour l'Inde et nos ressentis sur ce premier séjour en tant que routards.

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3e semaine : Nos derniers jours à Calcutta Du 11 au 13 Juin

 

Notre séjour à Calcutta se termine. C’est  passé vite quand même ! Nous avons profité de notre jeudi de repos pour visiter le temple de Kali qui se trouve à une heure de route du centre ville. Il est juste au bord de la rivière. Il est beaucoup plus beau et plus grand que celui en face du centre Kalighat.. Les deux nouvelles arrivantes françaises se sont jointes à nous et les deux journalistes nous ont suivis pendant notre visite. C’est un site où on ne peut prendre ni photo, ni filmer… ça n’a donc pas été facile. Mais on a bien feinté et on a pu faire quelques clichés magnifiques. Par contre, les reporters se sont fait jeter dehors. Elles auraient pu rester, moyennant un bakchich, mais il vaut mieux éviter de cautionner ce genre de marchandage. Il faisait très chaud ce jour là et vu qu’on avait plus la couche de pollution qui nous protège du soleil au centre ville, on a carrément cramé. En fin de visite, nous avons été sur les ghats pour assister aux ablutions dans la rivière. C’est quelque chose de très important, dans la vie d’un indien, de se baigner dans l’eau du Gange ou de ses affluents. Il est dit que tout indien, doit aller, au moins une fois dans sa vie, se tremper dans l’eau du Gange, à Varanasi, comme les musulmans doivent se rendre à la Mecque. Cela leur permettra de laver tous les péchés accumulés au cours des vies passées. Ça tombe bien, on y va bientôt !

Nous terminons notre quinzaine de volontariat au centre de Daya Dan, sauf Claire qui reste sur Kalighat même si elle accroche pas. Daya Dan, l’orphelinat mixte, est vraiment un lieu très agréable. On sent une ambiance sereine quand on y entre. Les enfants sont adorables et les massis et les sœurs s’en occupent bien, avec amour et dévotion. Nous trouvons vite notre place et aussi, nos chouchous ! On a tous les deux craqué pour deux petits choux qui n’ont pas trois ans.

Il y a Sneha, cela veut dire l'affection en hindou. C'est une petite fille qui a un retard du développement moteur et intellectuel, elle ne tient ni sa tête droite, ni son dos. Parfois, quand elle sourit, c’est un rayon de soleil qui réchauffe nos cœurs.

 Bhaskar, qui veut dire "le faiseur de lumière" est ateint de trisomie. Il jette souvent sa tête en arrière comme si elle était trop lourde, on a toujours peur qu’il se rompe la nuque. Lui est très coquin, fait des sourires à longueur de temps, et nous agrippe de toutes ses forces quand on le prend dans nos bras. On aimerait bien les ramener avec nous….

Le vendredi, la séance de massage a été annulée car une messe avait été prévue pour le départ d’une sœur. On a dû accompagner les enfants pour y assister. On a gardé Bhasker, au fond de la salle, qui passait des bras de l’un à l’autre.  

Après avoir distribués des bonbons aux petits, nous sommes remontés à l’étage pour donner le repas.

Le samedi, les reporters nous ont filmés sur cette dernière journée. On avait aussi l’autorisation exceptionnelle de prendre des photos de l’orphelinat et des enfants, comme tout bénévole lors de son dernier jour. Et on en a bien profité ! Même les massis se sont plu à poser et certaines petites filles faisaient du charme pour être photographié.

Quand nous sommes allés dans la salle de massage, trois kinésithérapeutes indiens étaient là pour évaluer les nouveaux enfants du centre, pour essayer de diagnostiquer leur(s) handicap(s) et établir une fiche d’exercices pour leur rééducation. On a posé quelques questions à l’un d’eux sur les problèmes de certains enfants. Il nous a expliqué, par exemple, que Sehsna ne tient pas sa tête pour une raison neurologique avant tout mais qu’on devait essayer, par certains exercices, de faire travailler ses muscles du dos et du cou pour peut-être avoir une amélioration. Pascal venait justement de s’en occuper et après un bon massage du dos, elle s’était endormie sur le ventre. Il a des mains d’or ! Le kiné l’a réveillé pour la faire encore travailler. Ils ont tous passé la matinée et vu la plupart des enfants. Ça nous a rassuré de savoir que les enfants sont bien suivis ici.

Ce centre nous a vraiment fait changer d’avis sur la qualité des soins donnés par les Missionnaires de la Charité. Si on était assez satisfait de Prem Dam pour les adultes, on avait été vraiment refroidis par Shishu Bavan et Nabo Gibon. Nous partons donc le cœur lourd à l’idée de laisser les enfants, sachant qu’on ne les reverra sûrement plus jamais. On réalise aussi que la venue des volontaires dans les orphelinats n’est pas si bénéfique que ça pour les enfants dans le sens où ils s’attachent aussi à nous, et vivent un nouvel abandon lorsqu’on s’en va. Ça a été dur de quitter le centre.

Le soir, Simone avait organisé une petite soirée pour se dire au-revoir. Elle tenait à tout prix à nous faire goûter son dessert préféré : la papaye au whisky ! Elle en avait préparé deux plats, un avec des papayes et un autre avec des mangues. Mais d’abord, l’apéro ! On voulait des bières, qu’on a eu du mal à trouver car les gens sur Calcutta ne boivent pas trop d’alcool. On s’est tous retrouvés au fond du jardin, sur les bancs ou assis sur l’herbe. Il y avait aussi, Brigitte et Dagmar nos deux autres camarades toulousaines, Yves, JB le canadien, ami de Simone, Marguerite, une retraité anglaise qui vit ici et Lise et Flora, les journalistes. C’était un moment très agréable. Nous avons ensuite commandé des pizzas chez Hut ! On a passé une bonne soirée, mais triste de quitter nos amis.

 

 

Le lendemain nous avons pris le train pour Varanasi, anciennement Benares. Le trajet était moins sympa qu’à l’aller car nous étions dans la classe A3, dans un compartiment à six couchettes, donc plus serrés et avec des ronfleurs. Et comme en Inde, chacun fait comme il veut, on a eu droit à la musique hindi sur le portable d’un des voyageurs. On en pouvait plus… Bref, on est arrivé à Varanasi bien fatigués mais heureux de découvrir cette ville si mythique.



 


Publié à 15:48, le 18/06/2009 dans Calcutta, Kolkata
Mots clefs : orphelinatsDaya Dantemple de Kalimere teresaenfants handicapésBénévoles
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2e semaine – Les différents orphelinats

 

 

PASCAL

Vendredi 5 juin

J’ai très mal dormi et décide de ne pas aller au dispensaire. J’essaye de me rendormir une fois que Fanny est parti mais la chaleur est déjà insupportable. Je me prépare et prends l’appareil photo. Je plonge dans la première rue qui mène au quartier musulman. Je flâne et regarde tous ces petits métiers artisanaux.

 

C’est incroyable ce qu’ils arrivent à faire, vu le matériel utilisé. Que de la récupe ! Ils font des bobinages, des lampes, des clefs, des moteurs,…. Ils adaptent tout. Même si la pièce n’est pas prévue pour, ils arrivent à la faire aller. Ça ne marchera qu’un certain temps mais ça marche !

Je m’arrête prés d’un petit atelier où ils refont les alternateurs. Deux Indiens me proposent de m’asseoir et je commande des chais que l’on boit ensemble. Ils sont fiers de me montrer leurs talents. Parti de plusieurs morceaux, ils arrivent à faire du « neuf ». Nettoyage, brossage, bobinage, peinture et voilà le tour est joué. Je leur prends quelques photos, ça leur plait.

 

Continuant mon chemin, j’arrive à prendre quelques clichés sympas. Des commerçants, des marchands de rue, des familles, des enfants, des rickshaws, mendiants et sâdhus.

Après deux bonnes heures de marche je rentre à l’hôtel pou rejoindre Fanny qui arrive du nouveau dispensaire où elle a commencé. Elle est plutôt contente. L’après midi nous allons juste faire un tour au cyber café.

 

 

 

Samedi 6 juin

  Je suis impatient d’aller dans mon nouveau

centre, à Nabo Gibong, accueil pour les ados orphelins et handicapés, de 12 à 18 ans. Comme d’habitude petit déjeuner  à Mother House. Je retrouve Philippe, un français que j’avais déjà rencontré au Blue Sky Cafe. Il nous guidera pour aller au dispensaire qui est le plus éloigné. Nous sommes quatre volontaires.  Une heure de bus à travers Kolkata  (c’est pas rien, le matin au réveil). Il se trouve au Nord Est de la ville alors que nous sommes au sud. C’est partit pour une heure de folie. On est tombé sur un fou du volant. Dépassements sans visibilité, freinages tardifs, debout sur le klaxon, il nous projette dans tous les sens jusqu’à l’accrochage avec un autre bus. Là, au lieu de se calmer, il se lance dans une course poursuite avec l’autre chauffeur. Je n’en vois pas la fin. Je suis accroché à en avoir mal aux mains. Je regarde les autres passagers. Ils ont l’air impassible, mais je vois bien quelques grimaces. Mais bon, si c’est leur carma !!!!  Philippe me tape sur l’épaule pour me dire qu’on est arrivé. Je ne me fais pas prier. Nous sommes dans la banlieue de Howrah. Légèrement plus rurale, mais avec toujours la même frénésie dans les rues.

Nous arrivons au dispensaire qui est géré par les frères. Il n’y a que des hommes. L’accueil est sympathique, nous posons nos affaires et nous faisons le tour des lieux. L’aménagement est très sommaire. Des lits superposés meublent la chambrée. Une salle commune où les enfants prennent leurs repas et deux cours intérieures. Seul « luxe », un jardin d’enfant avec toboggans, tourniquet, balançoires et divers jeux attractifs.

A peine arrivés, on  nous propose de passer de l’huile de coco dans les cheveux des enfants et de les peigner. Avec Philippe, nous nous occupons de cinq jeunes. Ils sont tous très handicapés. Atteint de troubles moteurs et mentaux,  certains présentent aussi une trisomie, de la cécité ou font de l’épilepsie. Après notre tâche accomplie, je commence à m’amuser avec Saresh. Il a 12 ans d’après sa fiche. En effet, dans les centres pour enfants, on trouve une fiche explicative, pour chaque enfant, où est marqué son nom, son age, sa maladie et ce qu’il est conseillé de faire avec lui. Pour Saresh, pas besoin de lire pour voir qu’il a été maltraité durant son enfance. Son pied droit est déformé, il est craintif mais très affectueux. Il s’accroche à ma main de toutes ses forces et dés que je vais vers un autre enfant, il me fait comprendre son mécontentement par de petits grognements ; se sont les seuls sons qui sortent de sa bouche. Je me promène un petit moment avec lui et doucement je le fais asseoir dans le jardin en lui faisant comprendre que je vais revenir. Même si on le souhaite, on ne peut pas rester avec un seul enfant. Il faut partager. J’ai juste le temps de me retourner qu’un jeune surexcité me prend les mains et commence à sauter sur place. Je le suis dans son mouvement et nous commençons à tourner. Il rigole comme un fou. Tout d’un coup il me lâche les mains et faisant le tour, il saute sur mon dos. Là, j’entends Philippe qui me dit « fais attention quand il est comme ça, parfois il mord ». Aussitôt, je le fais descendre. Et comme une furie, il se jette sur Philippe et le mord à la poitrine. Ce n’est pas de la méchanceté, il est hyperactif et n’arrive pas à contrôler ses pulsions. On le met sur une balançoire pour le calmer. Il est hilare et se balance de plus en plus haut. Ça n’a pas l’air de le calmer ! Bien au contraire. Tout à coup une petite main viens se glisser dans la mienne. Un bout de chou me tire vers la cour extérieure. C’est Han. Il est sourd et muet. Il s’exprime avec de petits grognements. Il a le regard vif et une bonne bouille de filou. Sans doute le plus jeune. Il me montre qu’il faut promener un enfant handicapé moteur dans une chaise roulante. Donc, je m’exécute, et  fière comme Baptiste, il m’accompagne. Il est génial. C’est déjà l’heure du repas. Les volontaires ont pour tâche aujourd’hui d’enlever les arrêtes du poisson qui sera servi avec du riz, des légumes et du fromage frais. Waw, je sais pas le nom de ce poisson mais pour sur, c’est pas de la sole ! Le tas d’arrêtes est aussi haut que le tas de chaire. Il nous aura fallu 20 minutes à cinq personnes pour en venir à bout. Nous donnons à manger aux enfants impotents.

On peut voir de plus près que les soins sont sommaires. Un enfant a une plaie au menton qui suinte, en autre a une méga infection aux oreilles, et bien d’autres bobos (quand on sait qu’ici la moindre plaie peut se sur infecter, puis faire une septicémie). Je le signale et on me dit qu’ils sont au courant. Bon, que faire, je ne suis là que pour la journée (le dispensaire est trop loin de notre hôtel, 3h de bus sous 42 °) et eux sont là toute l’année. Ils sont indiens et gèrent les choses à l’Indienne. Les plus coriaces survivrons et il faut l’être pour vivre dans les rues de cette ville !!!

Nettoyage puis repas avec les frères. Houlala, très très épicé…

Retour sur Kokalta en bus. On traverse un immense bidon ville que je n’avais même pas vu le matin (trop concentré sur la route !). Ici, la pauvreté vous saute à la figure. Il me faudra presque deux heures pour arriver à l’hôtel.

 

 

Dimanche 7 juin 

Je vais faire mon troisième dispensaire ce matin, Daya Dan, pour les orphelins de 2 ans à 12 ans. Aujourd’hui mon guide, c’est Yves. Ce n’est que son troisième jour dans ce centre. Il me dit que c’est vraiment sympa et surtout très calme au second étage. Le premier étant réservé aux enfants autonomes (donc plus vifs). Après 30 mn de transport, nous voilà arrivés. Nous sommes huit volontaires. Quatre resteront au premier étage et les autres au second. Je visite tout de même le premier étage. On rentre dans une cour commune où jouent les enfants. Je ne les trouve pas particulièrement turbulents, comparés à ceux de Nabo Gybong. Que des garçons un peu vifs, mais tout à fait gérables. Après cette courte visite, nous montons au troisième et non pas au second, car cet étage est réservé aux sœurs. Là, de la musique douce est diffusée et nous met de suite dans le bain. C’est l’étage zen. Les enfants sont surtout des filles. Elles sont sur leur 31. Habillées de belles robes, elles vont chanter pour le départ de trois sœurs. En attendant, une Massi vient me chercher pour étendre le linge sur le toit. Vers 9H00, je redescends pour voir le spectacle des enfants. Ils ont un micro et chantent à tu-tête. Les trois sœurs ont les larmes au bord des yeux et les enfants aussi. Gros câlins et distribution de bonbons pour réconforter tout le monde. Il est l’heure du repas. Je donne à manger à une enfant de 8 ans qui est aveugle. Pas facile, car elle se balance sans cesse de gauche à droite pour faire bouger ses nattes, apparemment. Le repas est terminé et après une rapide vaisselle, nous couchons les enfants pour la sieste. En rentrant à l’hôtel, je me dis que j’ai enfin trouvé ma place. Cet endroit m’a beaucoup plus. Les sœurs sont douces et les employées très gentilles, ça change des autres centres. 

   FANNY 

Après ce début de semaine intensif et deux jours de repos qui ne l’étaient pas tant que ça, je décide de commencer le bénévolat auprès des enfants. Je débute donc à Shishu Bahvan avec Claire, auprès des petits enfants avec des handicaps. La première journée me réjouit car ces enfants ont encore plus besoin de présence et d’affection. Je sais que je peux le leur apporter. Il n’est pas facile de voir deux d’entre eux qui ont les globes oculaires vides et les cils collés : leur a-t-on arraché les yeux pour faire du trafic d’organe ? ou est-ce seulement pour qu’ils deviennent des mendiants plus touchants et donc plus rentables ? Comment certaines personnes peuvent-ils être aussi cruelles envers ces bébés ?

Quelques sœurs novices nous aident. Elles débutent comme nous et sont un peu perdues. Mais elles sont vraiment tendres avec les enfants.. Les employés, dites les Massis, sont là pour nous guider. On se rend compte petit à petit qu’elles nous laissent trop peu d’autonomie et surtout pas de prise d’initiative (à part pour étendre le linge, ça les soulage un peu).

Je vais m’occuper principalement de Johnny et d’Antonio. Johnny est aveugle (il a encore ses yeux), il est autiste et ne tient pas debout : il a une légère hémiplégie à gauche. Il va sur ces 6 ans. Il a besoin de beaucoup d’attention, d’être réassuré et qu’on aille à son rythme. Il adore la musique et quand les sœurs mettent des comptines en anglais, il se met à bouger les bras en l’air et à gigoter dans tous les sens. Il aime la musique, il porte bien son nom !

Antonio, lui, est un bout-d’chou d’environ 2 ans. Il n’a pas de handicap physique. Il a un léger retard du développement en raison de son abandon. Il est très coquin et joue de son charme pour faire des caprices. Il les fait toutes craquer ! Il commence à marcher et à manger seul.

Les autres enfants ont des handicaps assez lourds et la plupart sont autistes. Dès le deuxième jour, je remarque que rien n’ai fait pour aider ces enfants à s’éveiller et à sortir de leur monde. Les Massis me semblent être trop dures et n’apportent aucune marque d’affection.  Elles ne parlent pas aux enfants. Claire et moi commençons à se sentir très mal à l’aise. Je repense à ces orphelinats où les bébés se laissaient mourir par manque de liens affectifs avec les nounous.

Lors du repas, elles estiment qu’on ne va pas assez vite pour donner à manger aux enfants (il est pourtant que 11h et nous sommes une bénévole par enfant donc en nombre suffisant). On vient alors nous récupérer la gamelle des mains pour finir avec l’enfant. Rappelons que Johnny, entre autres, est autiste et qu’il faut donc aller à son rythme. L’employée colle donc la tête du petit contre le dossier de sa chaise, me demande de lui tenir les mains, et lui enfile une à une les cuillères de soupe, qu’il n’a même pas le temps de déglutir. Mais pourquoi fait-elle ça ? Pourquoi se presser, pourquoi utiliser la force ? Je vois alors que Johnny n’est pas le seul à être nourrit comme ça. Qu’ils pleurent ou qu’ils soient en train de dormir, le bol de soupe sera terminé.

Pendant ce temps, on a remarqué avec Claire que la petite fille malade, qui dort depuis plusieurs jours, sans manger, ni boire, attire enfin l’attention de la sœur « infirmière ». Je me demande si elle va être perfusée car elle a besoin d’être réhydratée. Les sœurs ont sortis l’attirail d’aspiration. Je me dis qu’elle aura peut-être une sonde gastrique pour l’alimenter aussi. Elles ont l’air de ne pas savoir comment ça marche. Il semble, en fait, qu’il manque un embout au tuyau. Elles y passent une bonne demi-heure. Claire me dit d’aller proposer mon aide. Je n’ose pas du tout vu le faible accueil qu’on nous réserve ici. Je finis par m’approcher d’une sœur, je lui dis qu’étant infirmière, je pourrais peut-être aider ? Elle me dit poliment que l’autre sœur, que je voie galérer avec ses tuyaux, est infirmière aussi et qu’il est l’heure pour moi de partir. Le message est passé… Claire comprend à mon regard qu’on peut s’en aller.

 

Je ne vais pas décrire davantage ce qu’on a pu observer. Je ne veux pas critiquer une façon de faire, qui n’est pas la notre. Par ce témoignage, nous voulons prévenir qu’il ne faut pas arriver ici pour tout révolutionner. Il est certain que nous ne sommes pas en Europe et qu’ici, la prise en charge de la maladie est bien différente. Il s’agit plutôt, du moins chez les sœurs, d’un accompagnement dans la maladie et jusqu’à la mort. Quoique l’on fasse, c’est de la volonté de Dieu que dépendra la guérison ou non. Pour des soignants occidentaux, on se sent vraiment inutiles, d’autant plus si on n’est pas croyant. Surtout quand on sait qu’avec un minimum de soins, on peut obtenir des résultats. Mais pas de résultas sont attendus ici.

Avec les enfants, on se rend compte aussi que c’est très différent. Si en France, on en fait parfois trop, ici on voit vite que c’est le contraire, et on peut être choqués, en tant qu’occidentaux, d’assister à une manière de faire, loin de la notre. Il est claire que Dolto n’a pas franchi les frontières indiennes !

Claire et moi sommes gênées d’assister à cela et déçues de ne rien pouvoir changer. Rester là sans rien faire, ce serait cautionner de tels actes. A mon 3e jour, le 7e pour Claire, nous décidons de ne plus y revenir.

  

Pour ne pas rester sur une mauvaise image des centres d’accueil pour enfants, je décide d’aller à Daya Dan où Pascal a passé une première journée, le dimanche, très satisfaisante.

Claire ne veut plus retourner auprès des enfants cette semaine. Elle choisit d’aller à Kalighat, le mouroir. A nous trois, on aura essayé presque tous les centres de  Calcutta !

Si on semble s’éparpiller, c’est plutôt qu’on se rend bien compte que nous ne sommes nullement indispensables dans aucun centre des Missionnaires des la Charité. Ne restant finalement que deux semaines sur Calcutta (on a vraiment du mal à s’acclimater à cette ville), on veut partir d’ici avec une idée générale sur l’action menée par les sœurs dans la poursuite de l’œuvre de Mère Térésa.

 

Nous recommençons la semaine de travail mardi 9 juin. Nous avons passé une partie du lundi à cavaler dans la ville pour acheter nos billets de train pour Varanasi et Agra. C’est le parcours du combattant à Calcutta dès qu’on veut aller quelque part. Entre les taxis qui nous mènent en bateau, les gens dans la rue qui nous renseignent mal, plutôt que de dire tout simplement qu’ils ne savent pas ! Ils cherchent à nous rendre chèvre ! Mais ils vont y arriver !!! On se souvient quand Simone nous expliquait son point de vue sur les Indiens en général, à Calcutta. Sur un ton théâtral, elle nous dit : «ils cherchent à nous rendre cinglés ces indiens ! Mais y a rien à faire ; on revient toujours ! »

  

Parce que je suis malade, ma première journée à Daya Dan s’écourte. A 10h du matin, je me sens trop mal pour rester et je ne tiens pas à contaminer les enfants avec mon gros rhume, même si je me doute qu’ils sont bien plus résistants que moi. Nous rentrons avec Pascal et nous nous reposons jusqu’au jeudi où on doit visiter le temple de Kali tous ensemble.

Claire a bien commencé à Kalighat mais semble observer aussi des choses qui la gènent. Elle en fera part un peu plus tard, en bilan de fin de semaine.

 

Entre temps, deux nouvelles françaises sont arrivées au BMS Guest House dans le but de faire du bénévolat avec nous. La mère est infirmière et sa fille passe en troisième année de médecine. Elles sont vraiment pleines de volonté. On se dit qu’elles risquent d’être déçues. On leur explique déjà qu’elles ne doivent pas s’attendre à faire des pansements mais plus du relationnel. Qu’elles risquent d’être surprises parfois. Elles verront par elles-mêmes. Elles commencent à Shishu Bhavan… c’est peut-être pas une bonne idée. Effectivement, le soir même, la mère est très en colère, sa fille essaie de relativiser, de comprendre. L’une semble excessive, l’autre trop naïve. Comme tout le monde qui arrive à Calcutta, on est bousculé dans nos idées. Il faut un petit temps d’adaptation pour atterrir sur la planète Kolkata.

 

Les reporters nous ont rejoins mercredi soir. Elles vont finir la semaine de tournage avec nous et les quelques autres français bénévoles.


Publié à 15:45, le 11/06/2009 dans Calcutta, Kolkata
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11e jour – Visite de la léproserie – Jeudi 4 Juin 2009

Pour les bénévoles des Missionnaires de la Charité, il est proposé les premiers et troisièmes jeudi du mois, jour de congé, une visite à la léproserie de Titagarh, à l’est de Calcutta, tenu par les frères de la Charité. C’est également un dispensaire qui a vu le jour grâce à Mère Térésa qui a apporté son aide à une communauté de lépreux dans ce village.

Nous nous sommes inscrit la veille auprès d’une sœur ; nous serons une vingtaine. On a rendez-vous à 7h dans la salle des volontaires à la maison mère. Des recommandations nous sont fournies par un bénévole plus ancien. Il nous accompagnera dans le bus jusqu’à la gare de l’est. Nous avons 20 minutes de train jusqu’à Titagarh. Il est tôt, c’est plutôt calme et on peut s’asseoir. Une indienne qui va travaillé dans l’hôpital international près de Dum Dum, nous aborde. Elle est curieuse et a envie de communiquer. Nous échangeons quelques mots jusqu’à son arrêt.

Arrivés à destination, on marche un peu le long des rails, qu’il faut d’abord traverser.

On passe autour d’habitations rurales où les gens fabriquent des combustibles à base de bouses de vache en forme de galettes. C’est pas banal, on est étonné. Ils les façonnent à la main et les font sécher le long des rails et contre les murs (ça colle tout seul quand c’est encore frais !)

On arrive au Ghandiji Prem Nivas Leprosy Centre, et nous sommes accueillis par un indien qui nous guide vers une salle de classe. Un frère se présente et nous fait un historique du dispensaire. Il nous explique la maladie de la lèpre, sa transmission, ses conséquences physiques et sociales. En témoignage, une lépreuse vient nous montrer ses mains. La lèpre est une maladie qui se transmet par voie aérienne sur des personnes immunodéprimées et vivant généralement dans l’insalubrité. Seules 2 personnes sur 100 l’attraperont. Les autres sont naturellement immunisés. La principale conséquence est la perte de la sensibilité des extrémités (doigts, orteils, puis pieds et mains). De ce fait, toute blessure ne sera pas sentie par le lépreux, ce qui entraînera une plaie qui s’infectera. A cela s’ajoutera des déformations, et des problèmes cutanés. Les nerfs optiques sont souvent touchés lors de l’évolution de la maladie. Mais il existe un traitement qui guéri cette maladie. Il parle également de la réhabilitation des anciens patients au niveau social. On leur propose principalement la confection des tissus qui servirons à fabriquer les saris des sœurs ainsi que les linges et les compresses pour tous les dispensaires des Missionnaires du monde entier.

Nous entamons donc la visite des ateliers de tissage. C’est incroyable avec quelle dextérité ils se servent du métier à tisser, en bois, de fabrication artisanale. Les femmes embobinent les fils de différentes couleurs sur des roués. En bout de chaîne, un  homme assemble sur une bobine une multitude de fils de différentes couleurs. On nous conduit ensuite vers le lavage et l’essorage du coton qui sert de matière première. Il est aussi teint par les travailleurs.

La visite continue avec les femmes qui trient le riz. Notre guide nous explique que souvent les malades fondent une famille grâce à cette réinsertion d’où l’importance de créer une garderie d’enfant. Nous traversons une chambrée équipé de lits pour bébés. Deux d’entre eux y dorment, les bras et les jambes étalés de tous leurs longs. Nous arrivons sur un préau remplit d’enfants de un à dix ans environs. Ils se mettent à nous chanter des chansons dans différentes langues (japonais, anglais…) sous la direction du maître d’école. 

Nous sortons ensuite du bâtiment pour accéder à celui des dortoirs pour les malades. Au total, deux grands dortoirs pour les hommes où l’on soigne les plaies des pieds et mains et surtout des amputations ; un troisième pour soigner les dégénérescences ophtalmiques. Un quatrième dortoir regroupe les femmes. Elles sont moins nombreuses car elles préfèrent rester chez elles pour s’occuper des enfants. Celles-ci viendront seulement pour se faire refaire les pansements.

Nous sortons ensuite pour la visite des jardins, ils sont très grands, il y a même deux énormes bassins de récupération d’eau pour l’arrosage des plantes. Certains pensionnèrent sont ici chargés de la culture des fruits et légumes qui nourriront toute la communauté. Il y a beaucoup de fleurs et d’arbres. La balade est très agréable. La visite est terminée, elle a duré 1h30. Nous retournons dans la salle de classe où un chai et des biscuits nous sont offerts.

Vers 10h, nous retournons à la gare pour prendre le train du retour et comme on l’avez présagé, nous allons faire l’expérience du train indien bondé. Le terminus est Kolkata, tous les indiens s’y rendent à cette heure ci. Les wagons sont déjà presque pleins quand on monte ; on est vraiment très serrés. Au prochain arrêt, d’autres gens monteront encore et nous nous serrons plus : il est clair que là, on ne peut être plus nombreux. Et bien si ! Il y a encore et encore du monde qui s’entasse à chaque arrêt (7 en tout avant Calcutta !). On est debout, on ne peut pas bouger d’un centimètres. On transpire, on a des fourmis dans les pieds. Et l’odeur… Pascal se tient bien collé derrière moi car je ne tiens pas à me faire peloter les fesses comme la derniere fois (certains indiens aiment bien ca et ne s’en gène pas). Arrivant sur Calcutta, on descend en dernier du train pour laisser passer la foule et ne pas se disperser. On a perdu quelques volontaires en route mais on reste quand même en groupe. On est cinq français et deux japonaises. On a oublier de regarder le numéro du bus avec lequel on est arrivé ici : on est trop nul ! Finalement on trouve quelqu’un d’honnête qui nous renseigne correctement. C’est cool, à midi on arrive à la guest house. Repas puis repos tout l’après-midi. La canicule du matin nous a achevés.

 

 

 

 


Publié à 10:14, le 6/06/2009 dans Calcutta, Kolkata
Mots clefs : TitagarhMissionnaires de la Charitéleproserielepre
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J 7 à 9 - Nos premiers jours de benevolat - Dimanche 31 mai au Mardi 02 Juin 2009

 Levé à l'aube ce dimanche : 6h ! On rejoins The Mother House et les reporters ne nous ont pas oubliés ! Mais la caméra a pris l'humidité..

The Mother HouseOn est en avance, la messe n'est pas terminée, on en profite pour aller voir le tombeau de Mère Térésa qui se trouve là. On entend une dernière prière et ça y est, les autres volontaires et les sœurs vident la chapelle à l’étage. Nous découvrons une soixantaine de personnes, la plupart étudiants et de multiples nationalité. On rentre dans la salle réservée aux bénévoles pour y prendre le petits déjeuner : un chai (thé au lait sucré) et une banane pour l'énergie (nous saurons pourquoi plus tard). Vers 7h30, tout le monde se lève pour une prière puis le chant des volontaires dédié à Dieu. Il y a aussi une chanson pour ceux qui finissent leur dernier jour de bénévolat... "We'll miss you, miss you, miss you from our heart...." La sœur Marie Karina, chargée des bénévoles, les remercie. Ensuite, on quitte Claire qui part à pied à l'orphelinat juste à côté. Nous deux, nous suivons un groupe, dont Yves, pour prendre le bus pour Prem Dam. Croyant qu'on allait prendre une navette des sœurs, c'est en faite l'autobus populaire remplis d'indiens, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre (comme de partout à Calcutta qui est une ville majoritairement musulmane). Après 10 minutes de trajet, le car nous arrête devant un grand bidonville que nous traversons en partie pour rejoindre le dispensaire. Enfants baignant dans la boue, déchets de toutes sortes, odeurs fétides, voilà ou vivent ces miséreux. Nous suivons le groupe en se hâtant, on est forcément mal à l’aise. Quand on passe le portail du dispensaire, on est impressionné par le contraste de la rue avec ces bâtiments imposants et modernes. On se sent de suite à l'aise par l'ambiance sereine qui s'en dégage. Les hommes et les femmes se séparent, ce n'est pas mixte chez les sœurs non plus. Le travail commence vers 8h. Parce que nous n'avons pas vu ni vécu les mêmes choses, nous allons séparer nos ressentis sur ces 3 premiers jours. 

Selon Fanny : le premier bâtiment est celui des femmes. Il y a deux grands dortoirs sur deux étages et le toit sert à étendre le linge. Les bénévoles déposent leurs affaires dans un petit réduit qui leur est destiné, boivent une dernière gorgée d'eau et enfilent un tablier en plastique. Les soeurs ne peuvent pas consacrer de temps aux bénévoles. Il faut savoir observer et oser se lancer. Il faut savoir demander conseils aux volontaires plus anciennes. Cela permettra ainsi de créer des liens.

Nous n'allons pas desuite voir les malades. Nous commenceons par la lessive. Le linge est d'abord bouilli. La lessive se fait dans des grandes cuves en zinc par les employées. C'est une tâche difficile car les linges sont salis par la nourriture et beaucoup de femmes font leur besoin dessus. Il n'y a pas de protections hygiéniques ici. On prend un torchon mouillé, et on essuie. Comme chez nous dans le temps, un grand lavoir tout le long du bâtiment, avec trois bacs de rinçage ; les volontaires se répartissent sur les postes de rinçage ; il y a trois temps puis l'essorage, assez physique vu la chaleur. Je vais à ce dernier poste. Il y a de quoi faire. Il faut aussi monter les seaux pleins de linges humides, au moins 10 kgs, sur le toit du bâtiment : deux étages d'escaliers et en haut, des patientes, plutôt valides, nous attendent pour étendre. J'y vais au moins quatre fois, on le fait à tour de rôle mais on est que trois sur ce poste, avec deux sud-africaines, alors c'est vite notre tour. A un moment, les américaines commencent à entonner Stand by me des Beatles, ça met une bonne ambiance. Cela prend en tout une bonne heure, pour une dizaine de bénévoles et quelques employées à faire toute la lessive. D'autres filles aident les massis à laver le grand dortoir. Il y a aussi une vielle dame qui est hospitalisée ici, elle est sourde mais on se comprends quand même, elle est très volontaire mais aussi très têtue ! Les deuxième et troisième jour, une des sœurs, la moins sympa, vient nous aider car on n’est pas assez nombreuses. Tous les jours, à la fin du lessivage, je réalise qu’on a lavé tous les draps, taies, alaises, torchons, blouses et robes de l’hôpital à la main ! ça me paraît finalement un temps record. Quand on a fini, il faut de suite aller aider les employées à finir de laver le dortoir et remettr les lits en place. Tous les lits ont été remontés les uns sur les autres en piles de quatre et les matelas dessus. En fait de lit, ce sont des lits de camps en fer. Il sont très bas et ça fait mal au dos car on se baisse. On dirait une vraie fourmilière dans ce dortoir, on est une vingtaine (les sœurs nous aident aussi) à ranger lits collés les uns aux autres, puis disposer les matelas et faire les lits, draps, oreillers, alèses plastifiées pour les dames incontinentes (ce sont de vulgaires morceaux de nappes en plastique) recouverts d’un large torchon en guise d’alèse en tissu. Je trouve qu'une des soeur est une vraie vipère : j'ai été très contrariée à mon troisième jour, quand elle a exigé qu’on déplie toutes les alèses plastiques. Et tant pis si l’alèse tissu est plus petite. J’imagine ces pauvres femmes à dormir sur une bâche plastifiée alors qu’il fait plus de 40°. Bonjour les escarres ! Tout ça pour éviter de mouiller le drap et ne pas avoir à le changer. J’étais révoltée. J’ai arrêté d’aider aux lits et je suis sortie sur la terrasse fermée où on installe toutes les pensionnaires, une centaine, je crois. Ce sont seulement les patientes du rez-de-chaussée, elles ont toutes des troubles mentaux en plus de maladies comme le paludisme ou la tuberculose. Il y en a une dizaine non autonomes, qu’il faudra aider à boire, manger, accompagner aux WC ou changer. Seulement deux ont droit à un fauteuil roulant. Les autres sont assises sur des chaises en plastique, genre chaises de jardin (imaginez quand on doit traîner la chaise et la dame dessus à travers tout le dortoir pour l’enmener aux toilettes). Sinon, c’est des bancs pour les autres. Ces femmes sont toutes amaigries et ont le crâne rasé (pour éviter les poux et par confort car il fait chaud). Certaines ont le regard dans le vide mais beaucoup nous cherchent du regard pour qu'on leur apporte un peu d'attention, qu'on leur accorde un moment pour un soin, un massage.

Alors on s’assoie avec elles, on leur parle, on prend une main dans la sienne, on peut chantonner aussi. Chercher à faire sourire, aider à apaiser les douleurs et la solitude : voilà notre mission. On leur fais les ongles aussi, le vernis, pour aider à apporter un brin de féminité oublié à cause de la maladie et de la pauvreté. Il y a aussi le temps du massage avec un peu d’huile mis généreusement à disposition par les sœurs. Les patientes adorent ça, certaine nous attrapent le bras en passant pour qu’on vienne s’occuper d’elles. Mais un bon massage prend du temps et elles sont si nombreuses. Soit masser moins longtemps pour en voir plusieurs, soit rester longtemps avec la même dame au détriment des autres. Je m’aperçois aussi les jours suivants que les bénévoles ont leurs préférées et massent donc souvent les mêmes tous les jours. C’est dommage pour les autres. Le premier jour, je ne sais vers qui aller. Il y en a tellement et nous sommes si peu.Je traverse toute la terrasse et une dame avec un bandage autour du bras m’attire. Elle a un regard triste mais un si beau visage. Je vérifie son bandage qui, en effet, est tout enroulé et fait garrot. Je vois sous la bande qu’il lui manque une partie de l’os au niveau du poignet. Sa main qui pendouille est rattachée au bras par la chair et la peau mais on voit qu’il manque bien 4cm d'os. Je lui demande si elle a mal. Je ne sais pas si elle comprends mais me fais oui de la tête. J’essaie d’élargir la bande et de mieux la placer pour la soulager. Je cache le tout avec son voile, elle me souris. Quand je me lève, elle me retiens en m’attrapant la main pour la serrer. Ca me touche beaucoup.Vers 10h est servie le petit déjeuner, un verre de lait. Paraît-il que les indiens ici ne peuvent rien avaler avant 9h, qu’ils n’ont pas d’appétit. En tout cas, ici : oui ! Il faut en aider certaines ; le 3e jour j’ai fait boire son lait à une jeune femme ayant une forte déficience mentale et donc grabataire. Je dois faire attention de ne pas toucher les lèvres avec la timbale, c’est la tradition ici. On penche bien la tête en arrière et on avale ce qui coule. J’ai quand même peur qu’elle fasse une fausse route. Elle a un regard très expressif, elle me fait comprendre que ça lui plait. Puis quand elle a tout bu, elle me montre toutes ces dents, ce qui ressemble à un sourire. Ça me fait très plaisir.Vers 10h30, c’est LA pause des bénévoles et ça c’est cool car je suis déjà épuisée. En plus elle est mixte, je retrouve donc Pascal et on échange nos impressions. On nous sert du chai, des minis bananes et des biscuits enrichis aux œufs, le plein de protéines. De suite ça va mieux. La coupure dure presque une heure. Elle prend fin quand on voit passer les sœurs avec les grosses marmites de riz et de dhal. Il faut alors servir les pensionnaires et aider à manger. Les trois jours, j’ai fait manger la même femme. Elle dévore ! ça fait plaisir. Je me souviens alors tous ces patients en France qui rechignent devant leur plateau sous prétexte que c’est « immangeable ». Ici, elle ne se posent pas la question et pourtant c’est la même chose tous les jours. On leur jette un morceau de fruit dans la gamelle en guise de dessert. Elle mangent avec appétit, comme si c’étais le dernier repas avant qu’on les renvoie dans la rue. Celles qu’on n’aident pas mangent à l’indienne, avec la main droite (la gauche, c’est pour s’essuyer aux toilettes). Elles en mettent de partout, crache par terre une bouchée qui ne passe pas. En fin de repas, elles trempent la main dans le gobelet d’eau pour la laver, s’essuie la bouche, retrempe, et voilà, c’est fini. On débarrasse alors quand elles se lèvent pour regagner le dortoir pour la sieste. Il faut faire attention de ne pas glisser sur le sol plein de riz et d’eau. C’est une patinoire dégoûtante. Pendant que les bénévoles s’affairent à la vaisselle, les employés finissent de coucher les patientes puis lavent la terrasse. Le premier jour, j’ai voulu raccompagner une mamie grabataire, une employée m’a aidée pour la coucher. En la levant, on a vu qu’elle était pleine de selles. La femme lui a ôté la robe et me la jetée pour que je l’essuie avec (je n’ai pas de gants). Et voilà, c’est torché, on remet une robe propre et on s’en va. Je n’en revenais pas car elle ne voulait pas qu’on salisse un torchon propre pour la laver. Pour la vaisselle, on est nombreuse, ça va très vite. La chaleur de midi devient étouffante.  Ca fait du bien de tremper les bras dans l'eau fraiche. Certaines bénévoles ont esquivé la tâche et sont déjà parties. Quand c'est fini, je vais dans la cours attendre Pascal, les autres filles partent en groupe. Les hommes sont vraiment très long, ils finissent toujours après et pourtant ils ont moins de patients que chez les femmes. Mais ils sont moins nombreux aussi…   

Selon Pascal : Je quitte Fanny qui rejoint le quartier des femmes. Je suit les autres volontaires vers le bâtiment des hommes. Nous traversons la cour et rencontrons les patients qui nous font des grands Hello, Namaste ou simplement nous regardent passer sans expression. La plupart ont des plaies, des membres mutilés. Il y a également beaucoup d’entre eux qui sont atteints de troubles mentaux ou de malformations. Deux patients m’ont particulièrement marqué : le premier a deux énormes excroissances au niveau de la gorge et l’autre pourrait faire concurrence à E.T par la forme de son crâne (sans vouloir me moquer). Dans le médical on nomme ça l’hydrocéphalie. Nous poursuivons notre chemin jusqu’au lavoir. Là, je suit le mouvement. On me tend un tablier et je me place devant un tas de linge. Et là, à l’ancienne on tape, on brosse et on jette le linge au rinçage dans trois baquets d’eau claire. Et ensuite essorage. La lessive dure environs une heure. Maintenant c’est l’heure du lavage de la cour. Nous prenons un seau dans chaque main et se servant de l’eau de lavage du linge, nous nettoyons toutes les parties communes (cour, arrière cour, caniveaux, même le coin des canards !!!) Ouf ! c’est fini, je suis lessivé (c’est le cas de le dire…).C’est enfin le moment que j’attendais : l’aide aux patients, avec un peu d’appréhension je le reconnais. Qu’est ce que je vais pouvoir leur apporter ? Je demande à un des volontaires ce que je peux faire, et il me répond « tu peux les raser, les masser, ou bien leur parler comme tu peux » et oui ils sont Indiens et très peu d’entre eux parlent l’anglais. Je me sent tout de même rassuré. Ça, je sais faire. On me montre où se trouve le matériel. Pour les massages, c’est cuit, toutes les bouteilles d’huiles et les gants sont pris. Je me penche donc vers l’emplacement rasage . Wouah ! on se croirait dans l’armoire de grand père. Rasoirs et blaireaux à l’ancienne. Seul petit problème il n’y a ni lames ni crème à raser !!!! Un volontaire Israélien demande aux sœurs des lames et de la crème. Elles  lui répondent qu’il n’y en a pas. Ça se complique. Après trois demandes et l’intervention d’un employé Indien nous arrivons enfin à avoir nos lames et du savon à main. A peine le rasoir à la main qu’un patient me demande de le raser. Il à l’air plutôt en forme par rapport aux autres. Pas de plaies, ni de troubles mentaux apparemment (plus tard je le rencontrerai dans ma visite à la léproserie). Je l’installe et lorsque je commence à mettre le savon sur le blaireau, il m’arrête avec des grands cris No soap (pas de savon en anglais) J’essaye de lui expliquer que c’est plus facile avec mais il ne veut rien savoir. Je le rase donc à l’eau claire tant bien que mal. Il me remercie et s’en va tout joyeux. Je suis heureux de le voir si content. Je retourne dans la salle où les patients sont le plus atteint (tuberculose, malaria, etc) L’un d’eux me fait signe qu’il voudrait que je lui masse les bras. Je trouve des gants et l’huile. En m’approchant de lui je me rend compte de sa maigreur. Je commence à lui masser les bras et je vois qu’il ferme les yeux, il a l’air d’apprécier. Tout d’un coup je sursaute il vient de me prendre la main et me la sert très fort. Est ce que je lui fais mal ? Il n’a que la peau sur les os. Et bien non, il ouvre les yeux et me remercie d’un hochement de tête sans me lâcher la main. Je sais pourquoi je suis là, c’est pour ces instants privilégiés.Il est l’heure du petit déjeuner des patients. Distribution puis vaisselle. Le moment de la pose est arrivé pour les volontaires. Repos bien mérité en compagnie de Fanny. Biscuits protéinés, banane, et chai (thé au lait ou plutôt lait au thé) au menu. De quoi nous permettre de repartir pour la distribution du repas des malades qui arrive dans de grandes gamelles en zinc sur un chariot. Les malades attendent bien sagement leur assiette. Ceux qui le peuvent sont sous le préau ou dans la cour, les autres restent dans la salle sur leur lit de fortune. Nous faisons la queue, une assiette dans chaque main. Le repas est constitué de riz, dahl ou pommes de terre en sauce, œuf et fruit. Tout est servi dans le même plat. Nous commençons la distribution par les patients alités. Ils ne veulent pas manger, ou tout du moins ils n’en n’ont pas la force. Deux ou trois sont au bout du chemin. A la fin de la distribution nous nous chargerons de les faire manger. On commence à servir les plus vaillants. Ils ne se font pas prier. Se servant de leur main droite pour manger, je me rend compte qu’ils ont une technique. Ils font une boulette de riz avec la sauce qu’ils saisissent entre le pouce, l’index et le majeur. Ensuite se servant de ces deux derniers doigts comme d’une fourchette, il n’ont plus qu’à pousser la nourriture dans leur bouche avec le pouce. Ils engouffrent leur repas, recrachant par terre tout ce qui ne leur plait pas. Ils en reprennent parfois, surtout un que je repère. Il s’est placé à coté de la table de distribution. Il est maigre avec de grands yeux rieurs et de beaux cheveux blancs. Il mange à une vitesse incroyable. Il en prend trois fois. Mais où met-il tout ça ???? Après le repas, RE-vaisselle et nettoyage des endroits où ils ont mangé. Il est 12h30, la journée est finie, je suis sur les genoux mais heureux. Je rejoins Fanny qui apparemment est dans le même état que moi. Pour le deuxième jour même routine, en dehors du fait que nous ne sommes plus que 4 au lieu de 10 aux tâches ménagères. La seul différence, c’est les soins. Je rencontre Shantré ! (si j’ai bien compris) un jeune Indien, de la région de Madras, amputé de la jambe droite jusqu’au genou et une bosse dans le dos. Il parle correctement l’anglais et m’explique que c’est un accident de train (fréquent en Inde, les gens marchent sur les voies ou se poussent alors que le train bondé  n’est même pas encore arrêté ...) Je rencontre également un Indien, tout petit, avec une bonne bouille. De sa bouche, ne sort que des sons incompréhensibles. Il m’invite à m’asseoir d’un geste et me prend la main. Et là, incroyable, j’ai l’impression de le comprendre. A l’aide de grands gestes, de regards et de différents sons ( parfois des cris qui me décollent de la chaise ) il m’explique que la plaie de son genoux vient d’un accident avec une voiture et qu’il a trois enfants. Comme quoi, pour communiquer, il n’y a pas toujours besoin de grandes phrases. Le troisième jour, de nouvelles rencontres. Tato, est dans la dernière petite pièce. C’est pas bon signe car c’est ceux qui ne peuvent plus bouger. Un employé bengali (en général des anciens malades qui préfèrent rester au centre, pour le logis et la nourriture, plutôt que de retourner sur les trottoir de Calcutta ou d’ailleurs) me demande de lui raser la barbe et la tête. Je lui demande de quoi il est malade. Il me répond “he’s old, that’s all”. Il est vieux, c’est vrai, mais il est également tout recroquevillé, il a dû faire un AVC. La main est devant sa bouche, je dois lui tenir le bras d’une main et le raser de l’autre. Exercice périlleux, je ne voudrais surtout pas le couper. Un employé vient m’aider pour la tête. Après une dure bataille, le voilà tout frais. Il a les yeux entre-ouverts, mais vides, sans expression. Enfin, il se sentira mieux, il aura moins chaud (42° ce matin).  Aujourd’hui, impossible de faire plus de patient, nous sommes encore en équipe réduite pour les tâches ménagères. Après la vaisselle, j’aide un malade à porter les grandes gamelles en zinc à la « cuisine ». Atteint de troubles mentaux, il a un grand sourire béat et des hochements de tête. Au retour, il me prend par la main, encore un de ces instants qui vous serre le cœur. Physiquement, je commence à accuser le coup. Mon dos me rappelle que ne suis pas encore totalement guéri (suite d’un accident de moto, il y a quelques mois). Je pense changer de centre la semaine qui viens. J’aimerai m’occuper d’enfants avec des problèmes mentaux. Voilà, je rejoins Fanny, qui elle aussi souffre du dos (opérée il y a deux ans).

Ces trois jours et le peu que j’ai pu apporté à ces malades n’est qu’une infime poussière. Mais si tout les gens de passage en Inde donnaient quelques jours de leurs vacances ce serait fantastique. Bien sur cela ne changera pas le monde, mais cela y contribuerait. Ils en sortiraient sans doute avec un autre regard sur leur vie au quotidien, comme moi d’ailleurs.   

Selon Claire : C’est ma première expérience en tant que volontaire à la mission de Mère Térésa. J’ai choisi le centre de Shishu Bhavan parce que c’est un orphelinat. Il est tenu par les sœurs et des nourrices. Il y a plusieurs sections : les bébés avec ou sans handicaps ; les plus grands (2 ans à 8 ans) dits « actifs », ils sont propres et mangent seuls (ils sont gérés par les sœurs) ; puis l’autre groupe où ils ont un handicap mental mais aussi physique. C’est avec des derniers que restent les bénévoles, aidées des nourrices.J’y vais de 8h à 11h45, tous les jours sauf le jeudi.  La journée type : en arrivant, faire les lits des enfants (change des draps et des alèses) ; puis on installe les enfants sur des transats pour leur faire prendre leur petit-déjeuner (une tasse ou biberon de lait). Ensuite nous faisons de la place pour y mettre les tapis qui servent pour la séance quotidienne de massages, de kiné, assouplissements des membres spastiques. Chaque bénévole s’occupe d’un enfant, voir deux. Les sœurs nous donnent des porte-folios, correspondant à chaque enfant et résumant les gestes et exercices à faire pour chacun selon leur handicap. Cette séance dure environ ¾ d’heure et en musique ! Ensuite nous leur donnons de l’eau car il fait très chaud, mais c’est relativement bien ventilé (fenêtres ouvertes et ventilateurs). Les petits sont bien hydratés, les sœurs y veillent. En même temps, il y a l’administration des médicaments sous forme de sirop, par une des nourrices. Il y a souvent des pleurs à ce moment là, ce n’est pas une partie de rigolade… Après il y a les changes : ce n’est pas des «pampers » qu’on utilise ici mais un bout de tissu en triangle  que l’on noue devant, avec à l’intérieur une bande de tissu en triple épaisseur pour absorber. Ça fait l’affaire ! Cela fait énormément de linge à laver quotidiennement. C’est impressionnant la quantité de tous ces petits vêtements, draps, changes qui sèchent sur des fils de la terrasse. Tout est lavé à la main, avec du savon et une brosse dans des grandes bassines en zinc. Les volontaires ici ne se chargent pas de la lessive ; ce sont les employées qui s’en occupent mais on peut aider à étendre le linge ou le plier quand il est sec.A 10h, c’est la pause pour les volontaires, elle dure environ une demie heure, avec du chai et des biscuits. A partir de 11h, on donne le déjeuner aux enfants : un grand bol de légumes, viande et féculents mixés ensemble puis un verre d’eau. Pour les plus grands, on ne mixe pas le riz.Ces enfants sont attachants. Je les trouve gais. Ils disposent de jouets, quelques peluches et ne semblent manquer de rien, sauf d’une affection parentale.

Lorsque le petit Johnny me serre dans ses bras et pause ses lèvres sur ma joue, c’est indescriptible cet instant. Ça me rend pleine de joie, de bonheur.

 

 


Publié à 18:00, le 5/06/2009 dans Calcutta, Kolkata
Mots clefs : hôpitaldispensairesMissionnaires de la Charitéorphelinatsmere teresaBénévolesenfants
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10e jour – Visite de Calcutta – Mercredi 3 Juin 2009

Après ces premiers jours aux dispensaires. Nous étions déjà bien fatigués, surtout Pascal et moi mais Prem Dam est réputé comme le centre le plus difficile, la chaleur n’arrangeant rien. Nous décidons donc de prendre notre jour de repos, sachant que nous iront visiter la léproserie sur notre jeudi de congé. Claire, se sent de continuer un jour de plus à Shishu Bhavan.La matinée sera donc calme. Nous partons tous les trois après le déjeuner, à pied, direction Park Street, la rue chic de Calcutta, perpendiculaire de AJC Bose Road, en direction du nord.

  Nous flânons dans quelques boutiques, à Levis Store, les jeans reviennent à 30 € seulement ; nous allons au music store pour acheter de la musique indienne, un vendeur nous conseille. On ne connaît pas, on verra bien.

 

 

 

 

 


Victoria Memorial

Je voudrais vraiment manger de la nourriture « ultra-occidentale » : j’ai envie d’un mac-do ! C’est partie ! mais devant la caisse, je suis dégoutée : pas de bœuf ! évidemment ! et oui, c’est sacré ! Adieu mon royal cheese rêvée…. Je me lance pour un Mac Grilled Chicken et Pascal choisi le Mac Tikka Maloo. Quelle surprise déjà quand on ouvre l’emballage : drôle de tête. Le tikka est une galette vététarienne toute verte et molle, avec une odeur à l’indienne… Mon poulet grillet, lui, n’est pas grillé mais tout mou aussi, avec une saveur très épicée : je ne peux pas le manger. Bon, le mac do, ça, c’est fait.

 

On s’en va visiter le Victoria Memorial.  On continue notre route, toujours à pied, car on est saturé des taxis qui se payent franchement notre tête. Ils jouent aux abrutis avec nous, ne sachant soit-disant jamais où se trouve la rue demandée (AJC, Park Street et Suddder Street sont pourtant des rues très connues) mais on a compris leur jeu. En plus, ils nous annoncent systématiquement le double, voir le triple du prix normal et ils refusent presque tous d’utiliser le metter (le compteur).  

A la fin de Park Street, nous allons longer le parc Maidan qui va jusqu’au monument. Il est vraiment très grand. Beaucoup de couples d’amoureux viennent s’y retrouver, à l’abris de tout regard, derrière un parapluie ou un buisson… S’afficher dans la rue est mal vu et dérange, car Calcutta est avant tout une ville musulmane.

 

 

 

 

 

 

On s’approche du mémorial mais on a du mal à trouver l’entrée : la plupart des jardins qui l’entourent sont fermés au public et on ferra finalement tout le tour pour y accéder. Le prix de l’entrée pour les étrangers est de 150 roupies – seulement 10 roupies pour les indiens – c’est rageant. D’ailleurs, le routard précise bien que cette taxe majorée pour les touristes, sert à réunir des fonds pour sauvegarder LEURS sites et monuments (mais commençant à comprendre le système indien, on a des doutes sur la destination de ces fonds…)

 

Les jardins entourant le bâtiment sont magnifiques, il y a des familles qui pique-niquent sur la pelouse au bord d’un étang ou sous un arbre. Nous visitons l’intérieur du Victoria Mémorial dédié à la reine Victoria pendant son règne sous l’empire colonial britannique. Il y a des gravures et des photos montrant la construction de la ville.


 

En partant, nous choisissons de prendre un taxi car le retour a pied n’est pas envisageable. Encore la même galère, on en voie un, deux, trois. Une femme indienne vient à notre secours, à la demande de sa fille qui a pitié de nous. Elle ré explique en hindi le nom de la route au chauffeur. Il fait encore le bêta quelques secondes puis soudain une lumière : il se rappelle du chemin. Elle exige ensuite qu’il mette le compteur. Après une petite hésitation, il accepte de nous ramener chez nous. En chemin, il nous demande d’où on vient. A notre réponse, il nous dit « ah ! Zidane ! World cup 2006 ! » Son coup de boule est international. Ce gars là était plutôt sympa.

 

 

  

Le soir, on prend notre repas à la guest house, comme tous les soirs désormais. Cuisine familiale bengalaise pour 80 roupies (La moitié d’un petit resto bon marché). En plus on est sur place. Pas de galère pour rentrer tard le soir.



Publié à 10:02, le 5/06/2009 dans Calcutta, Kolkata
Mots clefs : leproseriemissionBénévolesdispensaireDehlivaranasivoyage
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