Notre Inde rêvée
Deux amoureux, Pascal et Fanny, rêvant depuis toujours de partir en Inde. Avec une amie, Claire, nous partons en première intention à Calcutta pour faire du bénévolat auprès des missionnaires de la Charité de Mère Teresa. La découverte du pays, de la culture indienne et des populations est notre principale souhait. Nous profiterons de la dernière moitié de notre séjour pour découvrir quelques grandes villes du Nord de l'Inde, telles que Delhi et son quartier de Pahar Ganj, Agra et son majestueux Taj Mahal, Varanasi, la ville mystique... Nous esperons, à travers ce blog, présenté sous forme de carnet de voyage, vous faire partager notre amour pour l'Inde et nos ressentis sur ce premier séjour en tant que routards.

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4e semaine : Varanasi, ville mystique - Du 15 au 17 juin 2009

 

 

 

Nous arrivons à Varanasi, l’une des plus vielles villes du monde, ancienne Bénarès. A notre descente du train, on est de suite harcelés de chauffeurs de rickshaws et de taxis. Finalement, on accepte d’en écouter un qui parle un peu français et il a l’air sérieux. Son rickshaw a été investi par une française, de Nice ! Il nous montre même les papiers du véhicule avec son nom, Nicole, et sa photo. Il nous explique que c’est l’amie de son frère, qu’elle lui loue le véhicule pendant trois ans et qu’il pourra lui racheter alors grâce à ses bénéfices. Un genre de micro crédit personnalisé.

Il nous conduit donc à l’hôtel qu’on avait choisi dans le Routard, le Sandhya Guest House. Il nous y amène sans problème, nous raconte quelques anecdotes sur la ville en même temps. Il est très sympa.

On arrive au bout de trente minutes à l’hôtel. Pascal va vérifier si les chambres sont correctes avant de laisser partir le rickshaw. Ça à l’air bien, on y reste. Bon, c’est un peu cracra mais pour deux jours, ça ira. Du moment qu’on a la clim’. Le problème, c’est qu’avec toutes les coupures de courants, on en profitera vraiment peu.

On rencontre très vite le responsable de l’hôtel, qui n’est pas le boss. Lui s’appelle Ganesh ; va-t-il nous porter chance ?…  En tout cas, il est très présent, trop présent même… Il nous donne pleins de conseils, des infos sur les lieus à visiter, les achats à faire. Il a des connaissances pour tout, à de bon pris. Trop bon pour être honnête, il va falloir se méfier, encore une fois. On déjeune avec deux français au resto de l’hôtel, ils sont arrivés ce matin eux aussi. Le type est déjà venu en Inde l’année dernière, il se la raconte un peu. Il boit l’eau à l’indienne, sans poser les lèvres sur la bouteille. Evidemment, il n’a pas l’habitude, il se renverse toute l’eau dessus. Il voulait se la jouer indian ; il s’est loupé. Je me demande pourquoi changer ses habitudes occidentales qu’on a acquis depuis petit ? Va-t-il aussi manger avec sa main droite et utiliser la gauche pour… le petit coin ? Bon, si ça lui plait.

On parle de faire la ballade sur le Gange au lever du soleil en barque. Le patron a un employé qui s’en charge pour 50 roupies par personne. On se met tous les cinq d’accord, on se donne rendez-vous le lendemain à 4h45 en bas de l’hôtel. Le type viendra nous chercher puis on ira tous ensemble aux ghâts.

En attendant, on va faire une sieste jusqu’à 16h car le soleil est trop fort. On décide d’aller se balader sur le ghât près de l’hôtel ou se font les crémations. Notre hôte préfère que quelqu’un nous accompagne car il a peur qu’on se perde dans les ruelles. Il est vraiment trop sympa, ça cache vraiment quelque chose… Bon, l’employé qui nous accompagne parle anglais, il est sympathique et nous explique pleins de choses. Harischchandra Ghât se trouve devant le crématorium électrique, destiné aux familles trop pauvres pour acheter le bois pour faire brûler le corps. Se faire incinérer au bord de l’eau sur un bûcher en bois est plus ou moins onéreux, cela dépend aussi de la qualité du bois, le plus classe étant le bois de santal. Le moins cher brûle aussi beaucoup moins bien. Le cadavre ne se consumant pas entièrement, les restes seront jetés directement dans le Gange, où corbeaux et vautours achèveront le travail… Ici, toutes les religions sont acceptées, tandis que le ghât principal, le Manikarnika ghât, n’est accessible qu’aux hindouistes.

Une crémation se prépare quand nous arrivons au bord du Gange. La famille est là, uniquement les hommes, les femmes n’ont généralement pas le droit d’y assister. Presque tous sont habillés en blancs. Ils n’ont pas l’air triste du tout, au contraire. C’est une étape importante dans la vie d’un indien car mourir à Varanasi, c’est en finir avec le cycle infernal des réincarnations et atteindre sur-le-champ le nirvãna. Quatre hommes amènent le corps du défunt et le déposent sur le bûcher. Il est dans un linceul très coloré, du rouge surtout, ça doit être une femme. Les hommes sont drapés d’un tissu blanc. On y dépose dessus un tissu doré puis on l’enduit de ghee, une préparation culinaire à base d’huile et de beurre fondu. Cela permet de purifier le corps. Il est ensuite recouvert de bûches de bois. Après une prière du prêtre, le feu est allumé par le fils aîné du défunt en tournant cinq fois autour. Tout le monde regarde les flammes grandir. C’est un moment assez indescriptible. C’est silencieux, assez mystique. On ne peut que contempler la scène, est finalement se sentir bien, comme apaisé. C’est assez magique cette sensation. On écoute le bruit du bois craquer, l’odeur du feu. Bizarrement, il n’y avait pas cette odeur de chair rôtie à laquelle on se préparait (désolé pour les âmes sensibles). On est resté là un bon moment, assis par terre, à admirer.

De temps en temps, on verse un peu de ghee pour aider le corps à se consumer, on attise le feu avec de grandes cannes de bambou, ça sert aussi à remettre les membres fumants qui tombent hors du bûcher, ou même à repousser les chiens, très présents eux aussi… Il faudra environ trois heures pour que le corps soit entièrement brûlé. Les cendres seront ensuite jetées dans l’eau sacrée du Gange, après que l’âme du mort est rejoins le ciel grâce à la crémation. On a aussi appris que certains pouvaient échapper à l’incinération car ils sont déjà considérés comme purs : les sâdhus, les nouveau-nés, les malades morts de variole, les victimes de serpents, les vaches. Ils sont directement immergés dans le Gange, ou parfois enterrés.

Nous rentrons tranquillement à l’hôtel. En route, on découvre une petite boutique de vêtements tenue par un jeune indien très sympa, Rabi. On reviendra le lendemain faire quelques emplettes !

Le soir, nous dînons encore au restaurant de l’hôtel qui se trouve sur le toit, en terrasse. On y admire la ville, on distingue même le Gange derrière quelques bâtiments. La cuisine est très bonne, fraîche préparée au fur et à mesure de notre commande. Il fait tellement chaud qu’on ne peut qu’avaler des fruits frais. Ganesh vient encore se joindre à nous. Nous voyons quelques bagues avec des pierres à ses doigts. On lui demande la signification de chacune. Il nous explique qu’elles sont toutes importantes pour lui, pour son bien-être physique autant que spirituel. On aimerait savoir quelles seraient les pierres qui nous correspondraient. Pour cela, il doit lire dans les lignes de nos mains. C’est assez impressionnant, il sait pleins de choses personnelles sur notre passé, notre santé. Il lit aussi un peu de notre futur. C’est intéressant et encore une fois, un moment très mystique. Il nous dit alors quelles pierres nous iraient et à quels doigts les mettre. On lui demande où en trouver, mais des vrais, on sait que beaucoup de fausses sont vendues aux touristes trop confiants. Il a un ami qui en vend, il nous le présentera le lendemain. Il proposera aussi une séance de méditation avec Claire, sur le toit du bâtiment, car il sent beaucoup d’énergie en elle.

Notre lever sera matinal aujourd’hui, 4h du matin ! On descend dans la rue à 4h30 et on ne trouve pas les deux autres français. On finit par aller les chercher dans leur chambre. Ils nous disent qu’ils ne viendront pas avec nous, car ils ont rencontré des gens qui se sont fait avoir par Ganesh. On leur a fait faire deux heures de barque et donc demandé cent roupies par personne au lieu de cinquante. On n’a pas l’intention de se faire arnaquer non plus ! Mais on ne change pas de projet à la dernière minute.

Notre guide arrive à 5h, il fait déjà plein jour mais le soleil ne se lève qu’à 5h30. Nous nous dirigeons sur le même ghât des crémations. Quelques bûchers sont encore allumés. C’est très tranquille à cette heure-ci. Un homme lave de linge dans le fleuve, un enfant les met à sécher sur un grand drap sur le sable. On monte en barque et la ballade commence. C’est vraiment très agréable, l’air est un peu frais, c’est tellement rare.

Nous allons en direction du Main Ghât, là où se font les ablutions au lever du soleil. On aperçoit au loin les gens descendre les marches et s’immerger dans l’eau après une prière. Les femmes et les enfants sont d’un côté, les hommes de l’autre. En plein milieu du Gange, on peut tout admirer : les ablutions, les crémations, les sadhus qui prient, les chiens qui errent, les vaches aussi. Beaucoup d’autres touristes sont aussi en barque. Venir à Varanasi sans faire un tour sur le fleuve n’est même pas envisageable. On nous offre l’occasion de faire un vœu en brûlant une bougie déposée dans une coupelle fleurie que l’on fait flotter sur l’eau.

 

 Nous nous approchons ensuite du ghât principal des crémations. Il est beaucoup plus grand, des tonnes de bois sont disposées dans tous les recoins possibles. Un corps enveloppé attend son tour, sur les marches, pour être incinéré. Le même cérémonial s’offre à nous. Nous demandons au rameur de se rapprocher de la rive pour mieux observer les gens. Ça grouille de monde. C’est très beau. Les couleurs, les odeurs de feu, d’encens. On est transporté.

La ballade aura duré deux heures et nous ne sommes pas étonnés quand noter guide nous demande trois cent roupies au lieu de cent cinquante. Nous refusons catégoriquement, il nous a vu arriver lui aussi ! Ganesh a dit cinquante, et n’a jamais précisé que c’était pour une heure. On explique au rameur qu’il s’arrangera avec son boss. De retour à l’hôtel, nous rencontrons justement notre hôte et nous ré expliquons poliment qu’on ne payera pas le double. Il n’ose pas nous contredire mais on sent qu’il a raté son coup. Bien sure que nous sommes méfiants, cela fait presque un mois que nous sommes en Inde et il n’y a quasiment jamais eu une seule transaction sans arnaque derrière, sans négociation. Nous allons dormir un peu.

Vers 10h, Ganesh vient nous chercher car il a les pierres. Evidemment, on ne rencontre pas son ami. Il nous montre les pierres dont il nous avait parlé la veille : le Blue Saphir et l’Amber pour Pascal, le rubis et la perle pour moi. Là, ça sent à dix kilomètres à la ronde La grosse arnaque. On fait style qu’on n’est pas vraiment décidé. Il nous sort des prix très élevés. Un petit investissement si se sont des vrais, mais une vraie escroquerie si se sont des breloques. Il nous dit de lui faire confiance, là ça clash. Pourquoi lui ferait-on confiance ? Ben tiens ! Il nous a vraiment pris pour des vaches à lait celui-là. Il nous conseille même d’aller les voir au soleil, comme elles brillent. D’accord ! Pascal en profite pour en frotter une avec son bracelet métallique et un éclat du caillou s’en va. C’est du verre ! On explique qu’on est pas trop sur et qu’on va réfléchir. Il fait la tête, ça confirme l’embrouille.

Avant le déjeuner, nous retournons à la boutique de tissus et vêtements. On y restera 3h, assis sur un tapis, recouverts de saris, étoles en soie, sarouels et chemises de toutes les couleurs. Nous avons vraiment le choix. Nous retournons ensuite déguster une salade de fruits et faire une bonne sieste.

Nous passerons notre soirée à la Puja, sur la Main Ghât. Pour y aller, on emprunte le bord du Gange par les autres ghâts. Sur le site des crémations, une foule de personnes est là devant un bûcher qu’on s’apprête à allumer. Il y a beaucoup plus de bois que d’habitude et il est très fleuri.  Ça semble être quelqu’un d’important. Il y a même des hommes de la police et d’autres avec des médailles. On imagine que c’est un homme politique ou un policier. Après que le feu ait été allumé, nous continuons à longer le fleuve. Là, on se fait harceler pour faire un tour de barque. Mais non, on la fait ce matin. C’est pas grave, ils disent que le soir c’est encore plus beau. Ben tiens ! On a que ça à faire. Comme ils ont toujours le dernier mot et ne veulent rien savoir, on finit par ne plus répondre à leurs sollicitations. Même si ça semble impoli, on n’a vraiment pas le choix. Il y a aussi les mendiants, femmes, vieillards et enfants, les vendeurs de tout ce qu’on peut imaginer. Finalement on n’est pas dépaysé de Calcutta. On suit notre chemin, on prend de belles photos, il ne fait pas trop chaud maintenant que le soleil est couché.

La nuit tombe quand on arrive. La Puja va commencer, des milliers de personnes sont là pour le spectacle. Il s’agit d’une cérémonie religieuse hindoue. Il y a environ six prêtres, assez jeunes, vêtus de saris d’hommes orange et or. Ils sont vraiment très beaux et il y une ambiance spirituelle enivrante. C’est un grand moment de fête, des centaines de bougies sont allumées. On trouve tous les trois de bonnes places devant la scène, un peu sur le côté.

Un des prêtres est devant notre tête. Ils sont tous alignés, chacun ayant son petit hôtel. Il commence à souffler dans un coquillage en faisant un air de musique. Ensuite, ils prennent une coupelle d’encens qu’ils présentent au ciel et à la population par des gestes majestueux. C’est beau et ça sent très bon. Le prêtre devant nous semble être en transe. Aurait-il pris quelque chose ? Après vient le moment du bougeoir, puis la coupe de feu. Tous cela se fait en murmurant des prières, des clochettes sont tintées par quelques spectateurs pour les accompagner. Cela durera en tout deux heures.

Nous rentrons vers 22h, en prenant le même chemin, mais on se dépêche car l’éclairage est très faible. En monte sur la terrasse de l’hôtel pour se rafraîchir un peu. Bizarrement, notre hôte semble nous bouder ce soir… Il prétend qu’il doit régler un problème avec son frère, qu’il ne peut rester à notre table. On l’a vexé peut-être ? S’il a cru voir en nous de bons gros touristes américains, on n’est pas dupe. Au moins, on a la paix, on peut manger tranquillement. Le lendemain matin, on prévoit d’aller se balader mais Pascal est malade juste après avoir déjeuné… Comme par hasard ! Nous découvrons aussi que le cuisinier de l’hôtel n’est autre que notre guide en barque ! Donc après ce petit déj empoisonné, on se repose dans la chambre jusqu’à l’heure du départ pour la gare. Notre train pour Agra part à 17h30. C’est une veine qu’on est pu garder une chambre jusqu’au milieu de l’après-midi. On a négocié avec Ganesh en lui expliquant qu’on lui ferrait de la pub. C’est finalement le seul point positif de cet hôtel. Claire est allé se promener pendant ce temps. Elle a pu découvrir les petites ruelles derrières les ghâts, souvent bloquées de vaches somnolentes qui ne bougent pas d’un pas pour laisser passer les gens. La sieste, c’est la sieste.

En payant la facture de l’hôtel, nous avons la surprise d’une taxe supplémentaire. Pas bien chère mais on devine qu’elle représente le pourliche du guide et le supplément du tour de bateau qu’on avait refusé de payer. Ce Ganesh, on ne l’oubliera pas de sitôt. Pour info, c’est la deuxième adresse conseillée par le routard qui n’est vraiment pas…conseillable !

 



Publié à 10:15, le 23/06/2009 dans Varanasi, Vârânasî
Mots clefs : Manikarnika ghâtnirvanaPujacrémationssadhuvaches sacréesgangevaranasitemples
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