Notre Inde rêvée
Deux amoureux, Pascal et Fanny, rêvant depuis toujours de partir en Inde. Avec une amie, Claire, nous partons en première intention à Calcutta pour faire du bénévolat auprès des missionnaires de la Charité de Mère Teresa. La découverte du pays, de la culture indienne et des populations est notre principale souhait. Nous profiterons de la dernière moitié de notre séjour pour découvrir quelques grandes villes du Nord de l'Inde, telles que Delhi et son quartier de Pahar Ganj, Agra et son majestueux Taj Mahal, Varanasi, la ville mystique... Nous esperons, à travers ce blog, présenté sous forme de carnet de voyage, vous faire partager notre amour pour l'Inde et nos ressentis sur ce premier séjour en tant que routards.

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Prochaine destination : Pondichery

Depuis quelques semaines, nous avons le plaisir de suivre l'émission Pekin Express 2010 qui s'est déroulée en Inde et regrettons parfois de ne pas avoir été à la place des concurrents. Mais du coup, cela nous a aidé à définir notre prochain parcours quand nous retournerons en Inde. (mais quand ?) Pondichery, Chennai, Goa et Mumbay : L'Inde du Sud ! Peut-être même les Iles Andamans... Nous décideront de cela dans quelques années... Quand bébé aura grandit !

Nous aimerions cette fois-ci aller un peu plus au contact de la population, dormir chez l'habitant par exemple... et nous aimerions aussi retourner faire du bénévolat dans les dispensaires de Mère Térésa à Pondicgery. Simone nous en avait beaucoup parlé et selon elle, c'est le meilleur.

A suivre....



Publié à 22:28, le 25/12/2010,
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Reportage " Voyage dans les pas de Mère Teresa " - Difffusion dans Envoyé Spécial sur France 2

ENFIN ! Après une année d'attente, le reportage qui a été tourné à Calcutta dans les dispensaires de Mère Térésa et dont nous avons été les acteurs, sera diffusé ce jeudi 8 Juillet 2010 sur France 2 dans l'emission Envoyé Special.

Malheureusement, la vidéo n'est plus en ligne. Envoyé Special s'est offert la propriété de notre image...

 

 

 

Honnêtement, on a été assez déçu lors du visionnage du reportage. Beaucoup de scènes sont coupées, de nombreuses personnes présentes lors du tournage n'apparaissent pas dans le documentaire. On aurait aimé voir plus d'images lorsque nous sommes dans l'orphelinat de Daya Dan où nous avons vraiment été enchantés d'être là. Beaucoup de nos propos ont été utilisés sans la reflexion qu'on avait eu pour avancer nos dires et surtout sans la conclusion finale à la fin de notre séjour. Nous avons eu, c'est vrai, des difficultés d'adaptation au début et c'est très bien que ce soit montré, car il faut prévenir les futurs bénévoles de la dur réalité des dispensaires et de la situation d'être volontaire étranger. Oui mais beaucoup de gens ont une grande capacité d'adaptation et c'est ce qui nous a permis d'accepter ce qui s'y passe. Nous avons pu finallement repartir grandi de cette experience et avons compris l'incompréhensible : l'acceptation de la fatalité made in India...

 

Nous tenons, pour finir, à apporter quelques corrections sur les "erreurs" concernant nos situations personnelles ainsi que sur certains commentaires formulés dans le but d'enjoliver les choses et de toucher davantage le spectateur... 

Pour réctifier : le reportage commence en précisant que nous sommes "habitués aux tours opérateurs" mais cela est faux. Nous partons toujours par nos propres moyens. Souvent à l'arrache, même...

Pascal n'a pas subit un "long coma" mais quelques jours seulement ; il n'est pas "informaticien" mais gérant d'une agence de communication spécialisée dans le web.

Pour finir, je n'ai pas "décidé de travailler avec des enfants handicapés à mon retour". Je travaillais déjà avec des ados et enfants avec handicaps moteurs et troubles alimentaires avant mon départ.

A part ces détails et après avoir revisionné plusieurs fois le doc, nous restons assez satisfaits de cette experience... Il nous a en effet permis de nous revoir à Calcutta, de retrouver les sourires et les regards si expressifs des enfants et des femmes.

Bref, vous l'avez compris : la télé, ce n'est PAS LA REALITE :  jamais, jamais la télévison ne pourra refleter la vérité. Alors pour se faire sa propre experience, sa propre opinion : enfilez votre sac à dos !

Maintenant que nous avons pris le temps de digéré ce séjour, on ne souhaite qu'y retourner... Et on ne peut que conseiller à ceux qui y pensent de se lancer !

PARTEZ EN INDE ! VOUS REVIENDREZ TRANSFORMES ET ENCHANTES !



Publié à 09:08, le 6/07/2010, Nice
Mots clefs : France 2Envoyé SpécialReportage
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Bels et bien rentrés... par Fanny - 05 octobre 2009

Voilà plus de trois mois que nous sommes rentrés. Bien que nous avons passés les premiers jours après le retour à farnienter et récupérer des forces, avec l'idée de profiter plus des choses et des gens qui nous font du bien, la routine et le quotidien a forcément repris le dessus, car il a fallu reprendre le travail, malgré nous... Bien sur, nous arrivons à relativiser beaucoup plus de choses aujourd'hui : des problèmes qui au bout du compte n'en sont pas, éviter des conflits qui ne servent qu'à faire du mal, et perdre du temps à des choses futiles, entre autres. Il est important de prendre son temps dans les activités que l'on aime et de partager des moments avec amis et familles. De nouveaux projets sont nés également.

Mais le plus difficile, c'est de réaliser que l'on est vraiment rentré et que l'Inde est bien loin maintenant. Il est vrai que pendant les derniers jours du voyage, on avait hâte de rentrer, car très fatigués. Mais très vite après le retour, le manque s'est fait ressentir. Evidemment, le calme, la fraicheur auquels on aspirait tellement pendant notre périple, nous a fait du bien. Oui, mais il y a ce manque. Plus de bruit, plus d'odeur, fini les gens qui nous dévisagent dans la rue, ici on est invisible. Et ces chauffeurs de bus et de rickshaws qu'on a tant maudit. Ils étaient quand même bien plus sympas que ces français au volant si individualistes. Nous avons bel et bien quitté la planète India et la réadaptation n'est pas si facile. Pour moi, une partie de mon coeur n'a pas quitté l'Inde et me rappelle auprès d'elle. Ce sont les enfants de l'orphelinat qui me manquent le plus. Surtout Basker et Sneha à Daya Dan et aussi Johnny et Antonio à Shishu Bavan. Les femmes de Prem Dam aussi me manquent et je regrette de ne pas avoir passé plus de temps là-bas. Je ne leur ai même pas fait mes adieux. Je sais que j'y retournerai de toute façon. Même si Calcutta a été le plus dur pour nous tous. Par la chaleur et l'humidité, la misère, la saleté, le bruit, les mauvaiss odeurs. Comme quoi, Simone, avec sa sagesse et son experience de plus de 80 ans, nous avait prévenus : "ces indiens veulent nous rendrent chèvre, mais y a rien à faire : on revient toujours !" Oh que oui, on reviendra ! Nous ne savons pas quand, dans plusieurs années probablement. Mais c'est certain ! On s'organisera mieux cette fois-ci et on ira à une saison moins chaude comme novembre, après la mousson, quand le Gange est bien remplit.

Pour conclure, même si nous pensions être bien préparés à ce voyage, nous avons pourtant été chamboulés dans notre vision du monde, déjà bien pessimiste. Des inégalités qui ne font que croitrent entre les différents groupes de populations, une planète qui manque d'air pur. Pourquoi en 2009, tant de gens ne mangent pas à leur faim, n'ont pas un toit sécurisé pour dormir, n'ont pas d'accès à la santé...? Pouquoi tant d'enfants subissent aussi ces drames ? Nous revenons avec encore plus de questions sans réponses. Et dans notre quotidien, dans notre pays si riche mais qui ne redistribue pas au plus démunis, il demeure bien difficile d'accepter ce fonctionnement.

Sur la carte : notre trajectoire au final.



Publié à 17:31, le 5/10/2009, Nice
Mots clefs : retour de voyage
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Dharamsala, ou les vrais vacances - Semaine du 21 au 28 juin 2009

Enfin arrivés au village, nous trouvons assez vite notre hôtel, choisit dans le routard, le Tibet Hotel, plutôt confortable à prix modéré. Nous avons une grande chambre avec vue sur une partie du village et la vallée. C’est très propre, sans bestioles, avec parquet et télévision, même l’eau chaude. On se repose une bonne matinée mais il va nous falloir deux jours pour s’activer un peu. On sent ces dernières semaines sur nos épaules.

La vie à Mac Leod Ganj est plutôt calme, les tibétains ont une attitude très zen. Il y a quand même beaucoup d’indiens qui vivent ici. Nous sommes aussi étonnés du nombre de moines bouddhistes que l’on croise dans les rues, autant d’hommes que de femmes, même des occidentaux. Il y a très peu de mendiants, quelques femmes qui quémandent du lait pour leur nourrissons, quelques vieillards.

Nous n’avons aucune difficulté à nous sentir en vacances. Il y a beaucoup de routards ici qui se la coulent douce. On peut trouver des cours de yoga, de médecine ayurvédique  et de massages, de musique tibétaine, d’art, de reiki. Egalement, des tas de cybercafé, quelques bons snacks et restos, et des boutiques et stands de vêtements, bijoux, sacs et divers objets de déco indiens et tibétains.

On s’est trouvé des cours de cuisines tibétaines avec un jeune cuisinier tibétains, Lhamo. Il a 33 ans et vit de ses cours de cuisine, qui intéressent beaucoup les routards. Ses leçons sont divisés en trois jours, on y apprends à faire des soupes, des pains tibétains, et les fameux momos. Les cours sont conviviales, nous sommes entre 6 et 8 personnes de toutes les nationalités.

Lhamo est quelqu’un de très sympathique. On s’intéresse un peu à sa vie. Il nous explique qu’il a quitté le Tibet il y a 20 ans avec sa sœur. Il a traversé les montagnes pendant deux mois sous la neige. Ils marchaient la nuit pour éviter de se faire repérer par les chinois. Il nous raconte que beaucoup de personnes ont eu les doigts ou les pieds gelés, qu’ils ont du être amputés à leur arrivée. Ses parents n’ont pas pu suivre, les passeurs leur demandent une fortune. C’est pourquoi, beaucoup de famille offrent le voyage aux enfants seulement, les parents restant au Tibet. Un village d’enfants isolés à été construit, le TCV. La communauté tibétaine les prenant en charge, avec école et cours d’anglais. Lhamo n’a pas vu ses parents depuis son départ, il n’avait que 13 ans. Il nous dit qu’il aimerait retourner au Tibet, sa famille lui manque beaucoup.

Pascal a aussi pris des leçons de massages ayurvédiques, sur 10h répartis en cinq jours. Le prof s’appelle Sivadas, il est indien. Nous avons d’abord testé ses massages, une heure de plaisir… C’est plutôt tonique, à base d’huiles essentielles, pour réveiller les points vitaux grâce à une meilleure circulation sanguine et lymphatique. Malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de tester les massages tibétains.

Il y a beaucoup de ballades à faire autour du village. Nous sommes aller voir le lac Dal qui est sacré. Mais quand nous sommes arrivés, quelle surprise ! Le lac était complètement vide, un énorme tas de vase à la place, avec un fond d’eau boueuse, remplie de poissons à l’agonie. On nous explique qu’on est en train de le nettoyer. Quelques enfants sortaient les poissons de l’eau pour les mettre dans des seaux d’eau propre et les déplacer ailleurs. Il s’amusaient comme des fous, se baignaient aussi, dans cette eau croupissante. Ils glissaient sur la vase et riaient beaucoup. Les travaux de nettoyage avaient l’air de traîner un peu, alors que la mousson ne devrait pas tarder… On a observé des femmes au travail, qui portaient des pelles de gravier et cailloux, pendant que des hommes les regardaient faire. On est monté plus haut dans la montagne, à 2100 m d’altitude. On cherchait un hôtel avec une piscine pour se détendre. Mais comme on ne de souvenais pas du nom, évidemment on ne l’a pas trouvé ! Mais ça nous a permis de faire une jolie promenade dans la montagne, avec les vaches et les vergers. Dommage que ce soit si pollué là aussi. Les gens dans ce pays n’ont aucune sensibilité sur la préservation de l’environnement. On trouve des bouteilles en plastique et tout autre déchet au bord des routes, dans les bois, dans le lac, forcément.

 

 

 

 

Le jeudi, nous nous sommes levés de bonne heure pour monter à pied à la TCV School, au village des enfants, car le Dalaï Lama était présent pour deux jours de conférence sur le thème de la torture dans le monde. Nous avons du monter à pied pendant une demie heure dans la forêt. Il y avait beaucoup de gens qui marchaient à nos côtés, tels des pèlerins, moines et civils, certains récitaient des mantras, prières tibétaines, tout le long de l’ascension. On pouvait ressentir la ferveur qu’ils ont pour leur guide spirituel. Nous étions également excités à l’idée de rencontrer le Dalaï Lama. Quand nous arrivons dans la cour de l’école, il y a déjà une foule de personnes, principalement des occidentaux car les tibétains eux, avaient des pass pour rentrer dans le bâtiment et assister à la conférence. Nous avons donc attendus, derrière le bandeau de sécurité tels des groupies, sous le soleil du matin déjà très chaud. His Holiness, le Dalaï Lama est arrivé vers 9h. Tous les appareils photos se sont braqués sur la voiture, il nous est difficile de prendre des clichés vu la sécurité qui l’entoure.

Il monte les marches de l’escaliers assez rapidement et s’engouffre à l’intérieur. Quelle déception ; il ne s’est même pas retourné pour saluer la foule qui était venue pour lui. Evidemment, c’est du sérieux, il est là pour donner ses cours de sagesse, pas pour se pavaner. Mais bon, on est un peu déçus et en plus on nous refuse catégoriquement l’entrée dans le bâtiment. On écoute un peu par une porte ouverte sur le côté mais le son est mauvais.

On n’insiste pas plus et on redescend au village pour assister à notre cours de cuisine. En chemin, on croise un jeune allemand avec un appareil photo d’enfer. On l’avait repéré tout en haut des marches. On lui demande de nous montrer ses clichés. Ils sont super, bien mieux que les nôtres, avec des gros plans. Il nous donne son site internet où on pourra les revoir.

Cette semaine de repos passe bien vite et on se retrouve vite au dimanche soir, où l’on doit reprendre le bus pour retourner sur Delhi. Le voyage se passera plutôt bien. On commence par les virages, le conducteur est assez sage, même s’il nous fera quelques frayeurs.

On arrive le lundi matin et Claire aussi est rentrée de Varanasi par le train. On se rejoins au quartier de Pahar Ganj, au même hôtel qu’on avait pris en arrivant. Il faut vite aller enregistrer nos billets d’avion sur internet et les imprimer. Ensuite on va prendre un bon petit déjeuner au Maidan Cafe. La journée sera plutôt cool, derniers achats coupés d’une bonne sieste dans l’après-midi. En fin de journée, on passe voir le jeune épicier qu’on avait rencontré auparavant. Il nous fait asseoir dans son shop. Nous restons une bonne heure à discuter, on lui raconte un peu notre séjour à travers le pays. Il nous offre des boissons fraîches puis nous lui achetons quelques épices. Nous échangeons nos adresses mail avant de nous dire adieu. Nous allons prendre notre dernier repas au même snack. La petite fille qu’on avait photographié un mois plus tôt est là avec sa maman. Un jeune homme les a fait asseoir à notre table pour leur offrir à manger mais il disparaît et on ne le voit pas revenir. On leur offre une assiette de frites, qu’elle ne refuse pas. Sa fille doit manger, elle n’a pas 4 ans. Elle a les cheveux très claires, semble bien soignée et est plutôt propre pour une enfant de la rue. Sa mère parle un peu anglais, bien plus que les simples phrases apprises par cœur par tous les mendiants de la rue. Elle cherche à communiquer, elle a envie de parler. Elle doit se sentir seule. Elle est gentille et calme. Elle chuchote comme si elle n’osais pas déranger. On lui demande pourquoi elle ne mange pas les frites avec sa fille. Elles nous montre ses deux dents de devant qui sont fausses. Elle ne peut prendre que des aliments écrasés ou liquides. Nous lui offrons 100 roupies, ainsi elle pourra se nourrir pendant plusieurs jours. Nous devons rentrer à l’hôtel pour fermer nos bagages et attendre le taxi. Nous saluons l’indienne et sa fille. Notre chauffeur arrive à l’heure et nous allons sur l’aéroport. Le vol est a 2h du matin. A part la mauvaise surprise d'une taxe supplementaire de 1300 roupies pour les étrangers, mise en place depuis février 09 (donc les billets achetés à partir de cette date comprennent le prix de ladite taxe), notre voyage du retour s’est passé sans problème, heureux de retrouver nos familles et de pouvoir nous reposer enfin.

 

 



Publié à 10:53, le 4/07/2009 dans Dharamsala, McLeod Ganj
Mots clefs : TCV schoollac Dalcuisine tibétainemassages ayurvedicHotel TibetMac Leod Ganjdalaï lama
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25e jour, Agra, visite du Taj Mahal et de ses alentours - Jeudi 18 juin 2009

 

Nous voilà à nouveau dans le train pour douze heures de voyage (minimum). Nous sommes plusieurs routards dans notre wagon et il y a deux mexicains dans notre compartiment. Il y a aussi un homme d’affaire de Jodhpur qui rentre chez lui. Il discute beaucoup avec l’autre couple ; ils sont très curieux. Nous, on est plutôt fatigué et après un petit plateau repas vraiment infecte, on s’endort vite jusqu’au lendemain. Le train n’étant pas complait, ça a été vraiment calme et on a pu dormir une nuit entière. Le train avait deux heures de retard, comme d’habitude ; on est donc arrivé vers 8h à Agra. On a de suite trouvé un rickshaw sympa. Il insiste pour nous amener à l’hôtel Maya, celui qu’on avait choisi au départ ; mais comme Ganesh à Varanasi nous l’avait conseillé et réservé des places, on était plus très chaud ; d’ailleurs, tous les rickshaws à la gare voulaient nous y conduire…. Commission oblige.

On a donc insisté pour aller au Sheela Hôtel qui se trouve à même pas cent mètres de la porte est du Taj Mahal et où les véhicules motorisés ne sont pas admis dans ce coin. On est donc sûr qu’on ne nous facturera pas de commission. En plus, le descriptif dans le Routard est vraiment convaincant, mais il vaut mieux qu’on en juge par nous même…

Il nous dépose à deux cents mètres de l’hôtel et nous propose d’être notre guide pour l’après-midi. C’est en effet conseillé de prendre un rickshaw à la journée sur Agra. On négocie une seule fois un tarif global (400 roupies la journée), ça gagne du temps (et de la patience), et le gars nous attend devant chaque monument.

Chargés comme des bœufs (et oui, on ramène pleins de trucs), on arrive quand même jusqu’à l’hôtel qui se trouve au milieu d’un beau jardin exotique. C’est très calme et relaxant. Pas de bruits de klaxons…

On dépose les affaires dans la chambre et nous retournons à pied dans la vieille ville, à Taj Ganj. Il y a un petit resto, plutôt un snack, annoncé dans le Routard avec une excellente appréciation. C’est Joney’s Place, ouvert depuis 1978, une petite pièce, cinq tables et un patron super accueillant. Il nous montre même les vieux livres d’or qu’il fait signer à ses clients. Il nous fait lire des appréciations écrites il y a des années par d’autres français. Toujours des mots sympas. On y recommande surtout le lassi à la banane et le Malai Kofta, préparation légèrement épicée, à base de pomme de terre et de paneer, le fromage indien. Mais comme il fait trop chaud, on prend un super muesli, fruits et yaourt, le petit déjeuner équilibré du routard.

Notre chauffeur arrive un peu en avance et nous partons pour la première visite, le Fort Rouge. On ne visitera qu’une partie des bâtiments, 80% étant encore réservée à l’armée. La visite dure environ une heure. Il y a beaucoup de riches familles indiennes en vacances. Les femmes portent des saris magnifiques, les enfants sont en jean, même  les filles. L’enceinte du fort est très belle et les gravures sur le marbre à l’intérieur aussi, rappelant celles du Taj Mahal et de tous les palais de Maharajas. Sur les terrasses surplombant un jardin intérieur, on peut apercevoir la vallée avec une rivière et derrière, le Taj Mahal. La vue est magnifique. On se prend à rêver d’être au temps des milles et une nuits, vêtus de soies et de dorures, des festins dans les jardins, au son des musiques orientales.

En fait, on n’est qu’en short et t-shirts… mais on plait beaucoup aux indiens qui nous demandent de poser avec eux. On a l’impression d’être des stars internationales. Ils sont justes curieux de nos différences physiques et vestimentaires. Après tout, on passe notre temps à les photographier nous aussi.

Sous une chaleur accablante, au moins 47°C, nous rejoignons notre guide qui nous amène ensuite au Baby Taj, construit bien avant le grand Taj que tout le monde connaît. Il faut emprunter le petit pont qui traverse le cours d’eau. Comme on n’a pas trop envie de le visiter, il nous propose de nous accompagner au bord de la rivière, là où l’on pourra prendre les plus belles photos du Taj Mahal. Nous repartons donc en rickshaw, traversons un petit village aux murs bleu turquoise.

On remarque aussi des petites échoppes remplies de saris de toutes les couleurs. On est très curieux, le chauffeur nous explique que ce sont des saris de seconde main, qu’ils sont nettoyés, réparés si besoin, et revendus à faible coût. C’est plutôt intéressant. C’est vrai qu’en Inde, tout est récupéré, rien n’est jeté. Il nous dépose devant des vendeurs de boissons, au milieu de nul-part et nous indique la direction de la rivière. Evidemment on se fait aussitôt harceler pour acheter de l’eau, des sodas et mêmes des pigments colorés pour faire des minis tatouages ou des bindis, au centre du front comme toutes les femmes indiennes.

Quand on arrive à semer tous ces braves gens, on longe un petit verger puis un ashram avant d’arriver sur la rive. Devant nous, le Taj Mahal se présente, majestueux et rien que pour nous. On peut enfin prendre de beaux clichés. Nous retrouvons notre guide, ravis qu’il est eu une si bonne idée. Ça doit être la visite habituelle de la ville.

Au retour, on veut vraiment voir ces saris de plus près, on lui demande de s’arrêter chez un des  commerçants pas trop cher. Il précise qu’un sari d’occasion coûte environ deux cents roupies. Nous rentrons dans le petit shop après avoir enjambé des dizaines de tissus déployés sur le sol. Des centaines de saris empilés les uns sur les autres,  surtout des soies, de toutes les couleurs

On ne sait pas par où commencer. Ils sont tous beaux ; le choix sera difficile. On ne les portera pas en France, il faut donc trouver des motifs qui iront bien pour des rideaux ou des tuniques. Nous nous décidons pour six pièces qu’il va falloir négocier. Déjà les enfants du village s’étaient attroupés autour de nous. Maintenant, quelques femmes, curieuses de savoir à quel prix nous allons les emporter, se rapprochent doucement. Nous faisons l’animation du quartier, dans la joie et les rires. Pascal, en bon commerçant, propose un prix d’attaque. Six cents roupies le lot, soit cent par pièce. Le vendeur est sidéré, mais, qui ne tente rien à rien. On lui explique que ce sont des articles d’occasion, baisser de moitié le prix est normal et qu’on en a acheté un à Varanasi pour trois cents roupies et il faisait six mètres. Ceux-là n’en font que cinq et demi. Il fait semblant de ne pas nous croire mais comprend vite qu’on est sérieux et qu’on n’abandonnera pas. Le moment de réflexion est intense, le temps semble être suspendu, les femmes et les enfants se taisent, dans l’attente d’un prix final, qui lâchera le morceau ?… Finalement, le vendeur nous propose mille roupies le tout. On fait semblant de réfléchir un peu puis on accepte. Les femmes sourient, il semblerait qu’on a fait une très bonne affaire. Nous n’en doutons pas.

Nous remercions tout le monde, prenons en photos nos spectateurs et repartons sur notre rickshaw.

Il est bientôt 17h30, nous devons vite nous rendre au Taj pour le visiter avant sa fermeture. Plus tôt, il faisait bien trop chaud. Nous allons pouvoir admirer le coucher du soleil ; ça doit être magnifique. Pour les touristes étrangers, une bouteille d’eau et des sur-chaussures sont offertes car il faut se déchausser sur le marbre du palais, et la consigne est gratuite, pour une fois. Nous entrons dans l’enceinte du palais, grandiose. Les jardins sont encore pleins de visiteurs. Nous nous hâtons vers la porte voûtée. Il est impossible de prendre des photos sans avoir des touristes dessus. Nous nous promenons deux heures à travers les jardins et autour du palais. Dommage qu’il y ait autant de monde, mais on imagine bien que ça doit être encore pire de novembre à février. Nous nous séparons de Claire, elle va voir l’intérieur du Taj et nous allons voir le coucher de soleil au pied du bâtiment. En fait, on s’est perdu ; on se retrouvera à la sortie.

Nous rentrons nous rafraîchir à l’hôtel puis on va dîner chez Joney’s. Nous goûtons le Malai Kofta : on confirme, il est divin, meilleur que partout ailleurs. En fait, la patate est bouillie, hachée et mélangée avec le fromage puis on reconstitue une boule qui est frite dans l’huile. La sauce est épicée selon le goût de chacun. Accompagné d’un cheese nan, c’est parfait. Le banana lassi est aussi le meilleur qu’on ait testé depuis notre arrivée. Il est très épais, donc moins de lait. On y ajoute une cuillère à soupe de coco râpée et une cuillère à café de chocolat en poudre. L’idée de la coco est géniale.

Le soir, en rentrant à l’hôtel, Claire nous annonce qu’elle veut repartir sur Varanasi. Elle a eu un vrai coup de cœur pour cette ville et veut finir son séjour là-bas. Elle nous rejoindra sur Delhi, la veille du départ. Pour nous, ce sera Dharamsala, au nord du pays, sous la chaîne de l’Himalaya. Notre projet de faire le Rajasthan était, en effet, tombé à l’eau depuis quelques semaines. Beaucoup de gens à Calcutta nous l’avaient déconseillé, vu la chaleur. Visiter le Sikkim ou le Ladakh était plus raisonnable. C’est dommage car le Rajasthan est vraiment une région à faire. Nous reviendrons sûrement une autre fois, en hiver.

La nuit a été difficile à cause de la température qui ne baissait pas. Nous n’avions pas d’AC mais l’air cooler, un ventilateur extérieur, entouré de paille qui baignent dans l’eau pour rafraîchir l’air. L’appareil fait un bruit d’enfer et quand on l’arrête, l’odeur de l’eau croupie ressemble à des œufs pourris. C’est infecte.

Pour nous remettre en forme, nous prenons notre petit déjeuner chez Joney’s, encore. Il est très bon et les prix sont les moins chers que l’on puisse trouver. Un vieux marchand ambulant propose dans sa valise qu’il appelle « son shop », des huiles essentielles de fleurs. L’odeur qui se dégage dans le snack est enivrante. Du jasmin, de la rose, de l’opium, du santal, du lotus… Il a même de l’ambre en morceaux. On frotte le caillou sur la peau et l’odeur est très forte et reste longtemps. Nous nous décidons à lui prendre quelques fioles. C’est un peu cher mais vu la qualité, ça vaut le coup. Surtout que c’est du concentré d’huile essentielle, en le diluant dans de l’alcool, on fera du parfum. Le vieux bonhomme est charmant et plein d’humour. Il nous offre même un morceau d’ambre.

Notre chauffeur arrive à 9h30 et nous allons dans une agence de voyage pour acheter le billet de train de Claire. Les trains étant pleins pour Delhi, on nous conseille le bus, il y en a pour six heures de trajet, minimum. On risque de ne pas avoir le bus pour Dharamsala qui part de Delhi à 18h30. Nous choisissons de nous offrir un taxi avec l’air conditionné, pour seulement trois heures de parcours. Notre guide connaît un taxi, commission incluse, nous négocions un pris correct.

Nous disons au-revoir à Claire et lui souhaitons bonne chance car désormais, elle sera seule.

 

Un voyage interminable - Vendredi 19 et samedi 20 juin 2009

Notre périple en taxi ne sera pas de tout repos, bien au contraire. Le chauffeur conduit vraiment mal, et pire, il s’endort au volant ! Alors que nous comptions profiter du trajet pour nous reposer, nous sommes sur le qui-vive, pendant trois heures, à surveiller notre chauffard au moindre mouvement de paupière. On est stressé, on sert les fesses. On s’éclate de rire aussi, c’est vraiment nerveux. Il va même prendre en stop un indien, prétextant que c’est son frère, à nos propres frais, bien sur… C’est vrai, ici, tout le monde est frère !

Nous arrivons sur Delhi en milieu d’après-midi mais il est impossible de nous faire accompagner jusqu’au quartier tibétain par le taxi. Il ne connaît pas du tout la ville. On lui demande de nous trouver un rickshaw. Mais celui là ne connaissant pas sa ville non plus (comme la plupart des rickshaws) va nous perdre pendant plus d’une heure sous une chaleur étouffante, pire que partout ailleurs. Il veut notre mort, c’est sur. Avec un plan à peu près bon dans notre guide, nous finissons par nous rapprocher du camp de Majnu Ka Tilla, où les réfugiés tibétains se sont installés. C’est de là que partent les bus pour le nord. Le chauffeur ose nous demander le double du trajet, parce qu’il n’avait mis le compteur qu’à mi-chemin. Là, on commence à péter les plombs. On est fatigués, on a perdu beaucoup de temps et de patience, ce crétin nous a perdus, et il ose nous facturer un supplément. On est tellement a bout qu’on lui hurle dessus. Lui, il garde son calme, il sait qu’il joue avec nos nerfs, comme beaucoup de chauffeurs de taxis et rickshaws, ça les amuse. On est à fleur de peau, il voit qu’on est très en colère mais insiste encore un peu. Il ne devrait vraiment pas… Finalement, on préfère partir, avec nos vingt kilos de sacs chacun, et lui reste bêta au milieu de la route, mais il ne nous courra pas après…

Maintenant il s’agit de trouver l’entrée du camp puis la Potala guesthouse, qui fait aussi agence pour les bus. Les Tibétains sont sympas, et nous indiquent correctement le chemin, eux. Les ruelles sont ombragées, c’est plus facile mais on est vraiment à bout de forces.

Quand nous trouvons l’agence, il n’y a plus de billet pour le bus du soir. C’est vraiment pas grave, on ne se sent pas d’enchaîner le voyage de nuit ; en plus, je commence à être malade. Le petit déjeuner à Agra n’est pas passé…

Nous restons couchés jusqu’au lendemain soir, dans une chambre pleine de cafards... Encore une fois, bravo le guide du routard ! Eux aussi doivent toucher des commissions. La prochaine fois, on partira avec le Lonely Planet.

Le lieu de rendez-vous est à 18h30. Le bedi travel bus, « bedi » ne signifiant absolument pas « bed », partira avec un peu de retard à 19h30. Douze heures de trajets sans dormir, on a trop mal au dos. Le conducteur du bus ne se perdra que quelques fois en milieu de nuit, dans une zone rurale avec des habitations plutôt jolies. On passera deux, trois fois devant les mêmes maisons. On se marre bien : Chauffeur, t’es un champion ! Heureusement qu’il fait la route souvent. Son assistant va finir par téléphoner pour demander de l’aide. Et c’est repartit !

Le plus dur du parcours sera les deux dernières heures, dans les montagnes avec pleins de virages. Mon estomac ne le supportera pas… Heureusement, on avait prévu des sacs !

Juste avant d’arriver sur Dharamsala, on aperçoit des rizières. C’est très beau, très vert, même si la sécheresse est là aussi. La mousson attendue mi-juin n’a toujours pas commencé. La petite ville se présente enfin à nos yeux. La moitié des passagers y descendent. Nous continuons jusqu’à Mac Leod Ganj, la partie touristique de Dharamsala, qui se trouve à neuf kilomètres plus haut. Nous sommes à 1700 mètres d’altitude. L’air est agréable, il ne fait pas plus de 25°C. On respire enfin.

 

Publié à 10:50, le 27/06/2009 dans Agra, Âgrâ
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